Les disques durs vont-ils disparaître ?


Le vénérable disque dur, qui existe depuis plus de 50 ans, serait-il sur le point de tirer sa révérence ? Les tablettes, qui se vendent aujourd'hui en plus grand nombre que les ordinateurs, les téléphones, et maintenant beaucoup d'ordinateurs n'en sont plus dotés, préférant utiliser de la mémoire flash aussi connue sous le nom de SSD. Pour ce qui est d'Apple, les disques durs ne sont plus présents que dans un nombre très limité de produits : le MacBook Pro classique qui devrait bientôt disparaître (voir dépêche : Vers du tout Retina cette année ?), l'iMac et le Mac mini qui se dirigent vers une solution hybride (voir dépêche : Que vaut le Fusion Drive ?), ainsi que le Mac Pro dont le nombre d'unités vendues est dérisoire face aux autres gammes.


Le SSD M500 de Crucial sous ses différents formats



Car le SSD cumule les avantages : il est bien plus rapide que le disque dur, bien plus solide, ne fait pas de bruit, ne vibre pas, consomme moins d'énergie, est plus léger, et peut selon sa forme prendre moins de place. Bien évidemment, il y a encore un problème qui freine la démocratisation de cette technologie : son coût. Les capacités des SSD par rapport à leur coût sont bien plus faibles que celles des disques durs. Ainsi, si vous achetez un MacBook Air par exemple, l'entrée de gamme ne vous proposera que 64 Go de stockage, contre 500 Go pour le Mac mini et son disque dur.

Mais la situation évolue vite ! Si vous consultez régulièrement notre rubrique Bons Plans, vous avez constaté que les prix s'effondrent à grande vitesse. Aujourd'hui même, un SSD de 250 Go est proposé à un prix record de 129 € (voir bon plan : Un SSD de 250 Go à 129 euros !) ! Il y a deux ans, un modèle similaire aurait coûté environ 500 €. Et les capacités vont bientôt augmenter, avec des modèles atteignant 1 To dès cette année (voir dépêche : Le prix des SSD va s'effondrer) à un tarif qui permettra de largement démocratiser les modèles 512 Go, qui peinent encore à descendre en dessous de la barre des 300 €.


Un disque dur 2,5" de Seagate



Un autre phénomène parallèle vient rendre la situation encore plus difficile pour les fabricants de disques durs : l'essor des services de cloud et de streaming. Il y a quelques années, les utilisateurs avaient constamment besoin d'unités de stockage plus importantes, mais aujourd'hui nombreux sont ceux qui se satisfont de capacités inchangées durant plusieurs années. La stagnation voire la baisse des capacités de stockage dans les ordinateurs actuels est donc mieux vécue, ce qui permet au SSD de prendre son envol.

C'est dans ce contexte que les fabricants de disques durs commencent à prendre des mesures. Seagate, un des plus gros fabricants mondiaux de disques durs, vient d'annoncer l'arrêt définitif de la production de disques durs portables tournant à 7 200 tours par minute, au profit de modèles plus lents (5 400 tours) et moins chers, ainsi que de solutions hybrides à base de mémoire flash et de disques à plateaux, en attendant le basculement définitif au tout SSD. Ainsi, le disque dur se cantonne petit à petit au stockage de données en masse et temporairement au marché du bas de gamme, et non plus à l'utilisation quotidienne dans le cadre de l'informatique grand public.


Les quatre emplacements pour disque dur du Mac Pro



Pour autant, il ne faut pas s'attendre à ce que le disque dur disparaisse tout de suite. Les services de cloud et de streaming que nous venons d'aborder ont une énorme consommation de disques durs, et les capacités nécessaires sont encore loin d'être possibles avec une technologie à base de mémoire flash, en tout cas à un coût acceptable. Ainsi, le disque dur va perdurer encore de nombreuses années, c'est une certitude. Seulement, il disparaitra sans aucun doute de l'informatique grand public dans un futur très proche, n'étant plus réservé qu'aux professionnels ayant un grand besoin de stockage et aux solutions de sauvegarde.

Pour l'utilisateur final, la nouvelle est excellente. Nous le répétons régulièrement dans nos colonnes : installer un SSD dans votre ordinateur lui donne un impressionnant coup de fouet, souvent bien plus important qu'un processeur plus puissant ou qu'une quantité de mémoire vive supérieure. Si la mémoire flash est encore onéreuse, le coût au giga-octet est aujourd'hui souvent inférieur à 0,60 €, alors que ce dernier était de 5 € il y a cinq ans. Alors que la baisse se poursuit et semble inarrêtable, le disque dur peut trembler.


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