Affaire Pensacola : Apple défend à nouveau la sécurité de l'iPhone


Si l'affaire de Pensacola vous rappelle quelque chose, c'est normal : le bras de fer qui oppose actuellement Apple au gouvernement américain est pratiquement identique à l'affaire de San Bernardino, qui avait fait grand bruit en 2016. Comme il y a quatre ans, il s'agit d'une fusillade : le décembre 2019, une attaque terroriste a fait trois morts dans le camp militaire de Pensacola, en Floride. Sans surprise, la justice américaine aimerait bien accéder aux données présentes dans les deux iPhone du tireur, Mohammed Alshamrani.

Cette semaine, le procureur général des États-Unis a accusé Apple de ne pas avoir fourni l'aide nécessaire au FBI pour accéder aux données du tueur. Pour William Barr, Apple fournit un refuge aux criminels en refusant de permettre aux autorités d'accéder au contenu de ses smartphones. Du côté d'Apple, on s'est bien sûr défendu de vouloir freiner l'enquête : Apple aurait notamment fourni au FBI les données iCloud du tueur, ainsi que les données des transactions réalisées avec ses différents comptes. En revanche, Apple a réaffirmé sa position quant aux portes dérobées :

Nous avons toujours soutenu qu'il n'existe pas de porte dérobée juste pour les gentils. Les portes dérobées peuvent être exploitées par ceux qui menacent notre sécurité nationale et la sécurité des données de nos clients. Aujourd'hui, la justice n'a jamais eu accès à autant de données, donc les américains n'ont pas à choisir entre l'affaiblissement du chiffrement et la résolution d'enquêtes. Nous avons la conviction que le chiffrement est vital dans la protection de notre pays et des données de nos utilisateurs.

Trump Barr

Donald Trump et William Barr



Comme pour l'affaire de San Bernardino, Apple refuse donc de mettre en place des portes dérobées au sein d'iOS, et rappelle que ses ingénieurs n'ont quoi qu'il en soit pas la possibilité technique d'accéder aux données du tueur ; l'iPhone a été conçu pour que cela soit impossible. Rien de bien nouveau, sauf que l'administration américaine a changé et l'affaire prend une tournure inédite : Donald Trump est tout colère et compte bien tout mélanger pour tirer partie de cette histoire. Dans un tweet rageur, il affirme que « Nous aidons Apple tout le temps pour LE COMMERCE et bien d'autres sujets, et pourtant ils refusent de déverrouiller les téléphones utilisés par des tueurs, des dealers et autres affaires criminelles. » Le président des États-Unis appelle ainsi Apple à « prendre ses responsabilités et aider notre grand pays, MAINTENANT ! »

L'affaire devient de plus en plus politique, à la plus grande surprise d'Apple. Les téléphones en question sont en effet un iPhone 5 et un iPhone 7 Plus, qui sont des modèles anciens, moins sécurisés que les générations actuelles. Or, deux entreprises, Cellebrite et Grayshift, ont développé des outils permettant d'accéder à ces appareils. Comme Bloomberg le rappelle, le FBI pourrait très bien accéder aux données des téléphones en question en faisant appel à ces entreprises.




En 2016, l'affaire de San Bernardino s'était conclue sans qu'Apple ne plie : le FBI avait finalement fait appel à l'entreprise israélienne Cellebrite pour accéder aux données de l'iPhone 5c du tueur. Ces dernières années, Apple s'est construite une solide réputation autour de la sécurité de ses produits, et il n'y a strictement aucune chance qu'Apple ne cède aux pressions de l'administration Trump sans y être légalement contrainte. Selon les experts en sécurité interrogés par Bloomberg, il ne fait pas grand doute que FBI fera à nouveau appel à une société tierce pour déplomber les deux iPhone du tueur de Pensacola. L'administration américaine ne laissera en revanche pas passer l'opportunité de relancer le débat sur la confidentialité des données.

Des liens n'apparaissent pas ? Des images sont manquantes ? Votre bloqueur de pub vous joue des tours.
Pour visualiser tout notre contenu, merci de désactiver votre bloqueur de pub !

Retrouvez l'iPhone sur notre comparateur de prix.

PARTAGER SUR :

Sur le même sujet

Vos réactions (4)

Elpianiste

15 janvier 2020 à 19:07

Cela dit ça doit bien arranger Trump que son téléphone soit protégé également... 😂
Dans tout les cas c’est un débat quasi inutile puisqu’il y a toujours une porte de sortie 🤔 Pis faut pas croire, on arrive quand même à être surveillé... On dirait une grosse mise en scène pour nous rassurer que Big Brother n’existe pas et qu’on est tout protégé 😂

Rantanplan08

15 janvier 2020 à 20:18

Cette semaine, le procureur général des États-Unis a accusé Apple de ne pas avoir fourni l'aide nécessaire

DKSnake

15 janvier 2020 à 21:02

Nous avons la conviction que le cryptage est vital dans la protection de notre pays et des données de nos utilisateurs.
@Sylvain: Chiffrement est plus juste si on veut être précis.

Sylvain

16 janvier 2020 à 08:23

Merci Rantanplan08 et DKSnake c'est modifié. En effet chiffrement est une meilleure traduction.

Réagir
Vous devez être connecté à notre forum pour pouvoir poster un commentaire.

Plus loin Connexion
Plus loin Inscription