Pas de Windows via Boot Camp sur les Macs ARM


Le Mac va basculer sur une toute nouvelle architecture dès la fin de cette année. Avec l'adoption de ses propres puces ARM, Apple s'assure tout un tas d'avantage mais va également devoir faire quelques concessions, du moins dans un premier temps. Et une de ces concessions va concerner... Windows. Lors de la conférence de présentation d'Apple, il n'aura échappé à personne qu'Apple a complètement évité le sujet de la prise en charge sur le Mac ARM du système de-chez-Bill-en-face, se contentant de mentionner la virtualisation de Linux avec une fierté qui n'a pas convaincu grand monde.

Concrètement, Boot Camp va disparaître, Craig Federighi l'a officiellement confirmé à John Gruber : impossible donc d'installer Windows sur une partition séparée (la version Intel de macOS Big Sur continuera toutefois de proposer cette option). Et quoi qu'il en soit, le maintien de Boot Camp ne serait pas très utile en l'état : il existe bien une version ARM de Windows 10, mais Microsoft a confirmé à The Verge que les licences de cette version alternative continueront d'être réservées aux assembleurs et ne seront pas proposées aux particuliers ou aux entreprises.

Pour ce qui est de la virtualisation, le patron de l'ingénierie logicielle d'Apple s'est montré très clair : Apple considère que ses hyperviseurs sont suffisamment puissants pour que seule la virtualisation soit prise en charge sur Mac à l'avenir. C'est là que les choses se compliquent : Rosetta ne prend pas en charge la traduction à la volée des extensions de noyau et des applications qui virtualisent des plateformes x86_64. En clair, macOS Big Sur sur Apple Silicon ne permet pas de virtualiser un système qui est initialement destiné à fonctionner sur une puce Intel via une application émulée par Rosetta.


Virtualisation Debian macOS Big Sur

Linux virtualisé sur macOS Big Sur, version Apple Silicon



Sera-t-il donc possible de faire tourner Windows, de quelque manière que ce soit, sur un Mac équipé d'une puce ARM conçue par Apple ? A priori oui... mais. Il faut pour cela que les logiciels tiers — comme Parallels Desktop ou VMWare — créent des versions de leurs applications directement optimisées pour l'architecture ARMv8-A, ce qui ne sera qu'une question de temps, et surtout que ces applications contournent l'hyperviseur de macOS Big Sur, ce qui devrait prendre... un peu plus de temps. Pour le moment, ni Parallels ni VMWare n'a clairement indiqué une compatibilité prochaine avec Windows sur Apple Silicon, mais ni l'un ni l'autre ne s'est non plus montré pessimiste sur le sujet. Le premier Mac doté d'une puce ARM n'est pas attendu avant la fin d'année : nous en apprendrons sans doute plus dans les prochaines semaines.

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Vos réactions (8)

Sethenès

25 juin 2020 à 15:07

Je pense qu'Apple a raison sur ce point. Si Bootcamp a permis de faciliter un certain nombre de switch vers OSX (J'en fais partie. Sans bootcamp, je n'aurais pas switché), qui, 10 ans après en a encore vraiment besoin ?

Je ne parle pas du cas isolé (qui donne par exemple des formations Mac & PC) mais des 99,5% d'autres utilisateurs Mac qui n'ont qu'un seul OS sur leurs machines.

nirinalumni

25 juin 2020 à 15:18

Moi, pour pouvoir utiliser ma souris sur mon mac 2020

matt

25 juin 2020 à 17:54

Je comprends pas trop : « macOS Big Sur sur Apple Silicon ne permet pas de virtualiser un système qui est initialement destiné à fonctionner sur une puce Intel via une application émulée par Rosetta »

C’est pas le but de Rosetta ? Il me manque forcément une info ici désolé

Marcassin

25 juin 2020 à 17:54

Dommage pour les logiciels de CAO qui tournent sous Windows et x86-64 . Même chose pour les caisses enregistreuses/terminal de paiement, c'est pas terrible sous macOS.

Sethenès

25 juin 2020 à 18:32

@matt : Ce que je comprends, "en gros".

Ce que Rosetta permet de faire au sein d'OSX, c'est de lire un fichier exécutable x86, de le traduire à la volée en instruction ARM et de le faire tourner.

Ce qu'un hyperviseur permet de faire, c'est de démarrer un autre OS en parallèle. Celui fourni avec Big Sur ne peut faire tourner que d'autres OS qui sont écrits pour ARM.

Ce qu'il n'est pas possible de faire, c'est d'utiliser Rosetta pour convertir une machine virtuelle x86 "en entier" et de la faire tourner dans l'hyperviseur.

En gros, Rosetta te permet de jouer un instrument de l'orchestre au choix, mais pas de jouer au chef d'orchestre.

matt

26 juin 2020 à 08:11

@sethenes ah ok ça semble être une bonne métaphore

pim

26 juin 2020 à 09:22

C’est une bonne métaphore, mais personnellement je vois la virtualisation comme le moyen d’avoir plusieurs salles de concert en parallèle, et non une seule. On peut alors lancer la symphonie et avoir à part un jazz bang sans problème.

Le défi aussi pour VMWare (largement dominant sur Microsoft et Linux) va être aussi de proposer l’inverse : virtualiser macOS 11 en version ARM sur un PC ordinaire. Beaucoup de développeurs utilisent des machines virtuelles sur leur PC pour vérifier le plus ou moins bon fonctionnement de leur site ou de leur app (développée sans XCode) sur Mac.

Et même chose pour les développeurs restés sur Mac Intel. Ils vont vouloir pouvoir tester leur app sur un macOS ARM dans une machine virtuelle Parallels Desktop ou VMWare.

Ça ne va pas se faire d’un claquement de doigt, puisque si un Mac ARM ne peut pas virtualiser en OS x86, de même un Mac x86 ne peut pas virtualiser un OS ARM.

C’est d’autant plus risqué comme transition au regard du rapport 1 sur 6 entre le macOS et iOS. Les développeurs pourraient être tentés d’abandonner tout développement macOS natif, et ne faire que du développement d’app mobile pour iOS, vu qu’elles tournent sans modification sur macOS 11 version ARM ! Apple l’a bien montré des apps iPad dans une fenêtre pile au format de l’iPad. Cela pourrait signer la fin du Mac, car une plateforme n’existe pas qu’en raison de la beauté de son matériel ou de l’adéquation d’un OS avec le matériel, aussi bonne soit-elle, mais bien grâce aux applications qu’elle propose.

Simultanément, Apple laisse iPad OS en friche pour encore quelques mois, alors qu’on pensait qu’il allait enfin décoller et encore un peu plus sortir de son statut de gros iPhone. C’est ballot mais derrière toutes ces belles annonces de la WWDC, il y a une nouvelle orientation qui n’augure rien de bon, alors que le passage sous Intel avait été une vraie révolution gage de pérennité pour le Mac.

VanZoo

26 juin 2020 à 19:49

Et quid des possesseurs de Mac Intel ? Y aura t-il un suivi software ?

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