Apple a supprimé le compte développeur d'Epic Games


Apple a fini par mettre sa menace à exécution : hier soir, Apple a supprimé le compte développeur d'Epic Games. Le jeu Fortnite n'est donc plus du tout disponible (il était encore possible de le télécharger s'il était dans l'historique du compte) et les autres jeux de l'éditeur comme Battle Breakers et Infinity Blade Stickers ont également disparu. Fortnite reste fonctionnel sur les appareils où il est déjà installé, mais sans mise à jour possible. Apple en a profité pour mettre PUBG Mobile à la Une de l'App Store ce vendredi...

Suite à une décision de justice, Apple n'a pas eu le droit de supprimer tous les accès d'Epic Games à l'App Store. Si le compte développeur d'Epic Games a bien été supprimé, celui d'Epic International est toujours actif et permet à l'éditeur de continuer à distribuer son moteur Unreal Engine, très utilisé par les développeurs tiers.


Fortnite Marvel chapitre 2 saison 4

Apple s'est justifiée de cette décision en envoyant une courte déclaration à la presse américaine :
Nous sommes déçus d'avoir eu à supprimer le compte d'Epic Games de l'App Store. Nous avons travaillé des années avec l'équipe d'Epic Games sur leurs lancements et leurs mises à jour. La justice a recommandé à Epic de se conformer aux règles de l'App Store en attendant la suite de l'affaire, des règles qu'ils ont suivi cette dernière décennie jusqu'à ce qu'ils créent cette situation. Epic a refusé. Au lieu de cela, ils ont soumis de manière répétée des mises à jour destinées à violer les règles de l'App Store. Ce n'est pas juste envers les autres développeurs sur l'App Store et cela met les clients au milieu de leur bataille. Nous espérons que nous pourrons travailler à nouveau ensemble à l'avenir, mais malheureusement ce n'est pas possible aujourd'hui.

Le fondateur et DG d'Epic Games, Tim Sweeney, a réagi en affirmant qu'Apple manquait de franchise : « ils ont choisi de mettre fin au compte d'Epic, ils n'en avaient pas *besoin* ». Tim Sweeney a ajouté qu'Epic Games n'avait soumis à Apple que trois mises à jour : deux correctifs de bugs, et une mise à jour pour la saison 4 du jeu. Dans un pied de nez à Apple, Tim Sweeney a invité les utilisateurs d'iOS et du Mac à essayer PUBG Mobile, « un autre super jeu de battle royale qui fonctionne avec l'Unreal Engine ! » La bataille d'Epic Games contre l'App Store est partie pour s'installer dans la durée.

Des liens n'apparaissent pas ? Des images sont manquantes ? Votre bloqueur de pub vous joue des tours.
Pour visualiser tout notre contenu, merci de désactiver votre bloqueur de pub !

PARTAGER SUR :

Sur le même sujet

Vos réactions (30)

Sethenès

29 août 2020 à 15:46

Je pense que c'est le genre de menace qu'on fait mieux de ne pas mettre à exécution, d'autant plus que l'application litigieuse avait été bloquée sans recourir à cette solution extrême.

Comme dirait Jules : "Alea Jacta Est".

fabien77880

29 août 2020 à 16:20

Moi je pense que Apple fait ce qu’il faut. Tu signes un contrat qui dit 30% la première année et 15% les suivantes, bah tu l’acceptes ou tu ne signes pas et trouve un autre moyen.
Epic a pendant 10 ans suivi les règles et maintenant qu’ils sont devenus énorme, ont profité de leur poids pour essayer de faire toujours plus de profits et dire tout haut ce que tout le monde dit tout bas : « Apple est gourmand » sans blague j’ai envie de dire, on savait pas !!

Elpianiste

29 août 2020 à 16:41

+1 pour Fabien. Ils profitent de toutes les ressources puis essayent de se faire porter en martyr... Apple exagère à prendre 30% sur les gains pour simplement héberger sur leurs serveurs. Mais tout le monde sait qu’Apple est chère et parfois fait preuve de pratiques borderline aussi. Mais je ne pense pas qu’elle a déjà escroqué une entreprise comme Epic l’a fait.
Tu signes, t’acceptes. Si encore c’etait prémédité de la part d’une entreprise anti-capitaliste d’accord. Mais on parle bien d’une société de jeux pompe-fric d’ado...

Sethenès

29 août 2020 à 16:50

C'est le sens du jugement en urgence qui a été rendu qui se traduirait dans notre jargon par "La volonté des parties (sous entendu des parties contractantes).

Là où il y a matière à débat, c'est dans la double peine qu'Apple inflige à EPIC en fermant le compte, ce que si j'ai bien suivi, Google n'a pas fait. Ils ont juste bloqué l'app litigieuse.

Mais ce faisant, Apple joue toutes ses cartes. Elle fait "all in" (tapis) au poker.

Et dès ce moment, comme au poker, elle n'est plus maîtresse de son sort. Ici, ce n'est pas le hasard qui décidera mais la justice.

C'est vraiment du quitte ou double car en se montrant inflexible, en situation de juge et partie, alors qu'en plus elle dispose d'un monopole de fait, elle risque gros.

Il y a quelque chose d'irrationnel dans cette démarche mais cela ne me surprend pas. Je mets cela en relation avec le maintiens sur 4 années d'un clavier unanimement décrié. Il aura fallu l'intervention de personnes connues pour que finalement Apple reconnaisse l'erreur et revienne à la raison. Et ce n'est qu'un exemple.

pehache

29 août 2020 à 19:16

@Fabien : "« Apple est gourmand » sans blague j’ai envie de dire, on savait pas !!"

Sauf que simplement le dire ne suffit pas pour que ça change, donc à un moment il faut que quelqu'un passe à l'action, ce qu'a fait Epic.

@ElPianiste : "Tu signes, t’acceptes."

Pas forcément, une clause de contrat peut être abusive. Il y a plein de baux de location qui disent "animaux interdits", sauf que c'est une clause abusive contraire à la loi : tu as beau avoir signé le bail avec la clause, personne ne peut rien contre toi si tu ne la respectes pas.

alias

29 août 2020 à 20:11

Je suis du côté d’Apple : un contrat est un contrat !

Rantanplan08

29 août 2020 à 20:35

C’est abusif une clause qui fixe un tarif pour l’utilisation d’un service ? Si ils ne sont pas content, ils n’ont qu’à plus utiliser le service ? Si ils estiment au contraire que les parts de marché issues de leurs appli sur l’appstore sont trop importantes pour s’en passer, alors ils respectent les termes du contrat qu’ils ont signé ! (si être sur l’appstore n’était pas rentable, ils n’y seraient plus... si ils y restent c’est que ça l’est, mais qu’ils voudraient une plus grosse part du gâteau) Et ils n’ont qu’à créer leur propre smartphone avec leur propre os, et ils se rendront peut-être compte de la complexité et du coût pour le maintien ?

Elpianiste

29 août 2020 à 20:38

Pehache, avec toute la pression qui plane autour d’Apple, ils ont une équipe d’avocat qui épluchent la loi, leurs contrats ne peuvent pas porter de clauses abusives. Très limites je veux bien le croire, mais s’ils faisaient ça, ils aurait déjà été mis en procès par d’autres grosses entreprises...

pehache

29 août 2020 à 21:08

@Elpianiste : c'était pour te montrer que ton affirmation "Tu signes, t’acceptes" n'était pas une vérité absolue, et que la loi prévalait sur le contrat. Et c'est une grande naïveté de penser que Apple n'utilise jamais de clauses abusives. Un exemple trouvé en 3 secondes : https://www.capital.fr/entreprises-marches/que-choisir-obtient-la-condamnation-dapple-pour-des-clauses-abusives-1372575

@Rantanplan08 : renseigne-toi sur ce qu'est une "position de dominante" et "abus de position dominante", et après on discutera.

Rantanplan08

29 août 2020 à 22:00

Position dominante de quoi ? C’est qui qui a inventé le smartphone comme on le connaît et qui a créé ce marché ? Il y aurait une entente entre Apple, Google et Microsoft sur les tarifs là il y aurait entente illégale, et ce n’est pas le cas ou en tout cas ce n’est pas prouvé. Si par exemple samsung décidait que sur ses smart tv il faudrait payer 30% pour y déposer une appli, ce serait son droit. Là c’est la plateforme d’Apple, elle lui appartient, elle fixe donc le tarif qu’elle veut et c’est écrit dans le contrat. Et c’est pas parce que tu crois avoir raison que tu peux ne pas rester courtois dans tes commentaires sur les propos des autres.

Baraka

29 août 2020 à 22:11

@Pehache
On rentre dans une discussion technique mais rigoureusement parlant, le droit commercial (et d’ailleurs même civil, je crois) américain n’admet pas de « clause abusive ». En revanche, il admet la notion de contrat injuste, si l’une des deux parties est considérée comme en désavantage par rapport à l’autre au moment de la signature, ou si l’une des deux parties n’était pas pleinement informée du caractère ou de la portée du contrat. D’où l’importance de la jurisprudence et de la précédence en droit américain. Et d’où aussi que le contrat liant Apple à Epic Games ne sera très probablement pas remis en cause.

Rantanplan08

29 août 2020 à 22:14

L'abus de position dominante est une infraction prévue par le droit de la concurrence pour sanctionner une entreprise, en situation de domination à cause de son pouvoir de marché, qui profite de sa position pour s'émanciper des conditions que devrait lui imposer le marché.
Le marché dans ce cas c’est l’appstore, il appartient à Apple, n’existe que sur ios, qui appartient à Apple également. Personne n’empêche les développeurs d’aller à la concurrence, personne empêche la concurrence de fixer des prix plus bas si elle le souhaite. Si les conditions d’apple ne vont pas à un développeur rien ne l’oblige à être présent sur l’AppStore.

Sethenès

30 août 2020 à 00:48

L'erreur dans ton raisonnement est de considérer le marché dans sa forme littérale, ici l'Apple Store.

En fait, ce n'est pas de cela qu'il s'agit mais plus de l'idée de marché qu'on retrouve dans l'expression "l'économie de marché".

A proprement parler des marchés, ici, il y en a deux. Le premier est celui qui lie l'ensemble des fabricants de Smartphone à l'ensemble des clients.

On pourrait presque dire qu'au fond, il y a deux sortes de clients, nous, les particuliers d'une part
(en ce compris bien sûr les autres entreprises qui proposent par exemple des Smartphones à leurs employés) et d'autre part les développeur de logiciel.

Les deux marchés sont donc d'une part celui qui lie les fabricants aux développeurs d'une part et d'autre part celui qui lie les fabricants aux clients (à la limite, il en existe même un 3ème, directe, entre développeurs et clients privés / publiques / entreprises clientes).

Ces marchés sont, en principe régit par des règles simples (comme celle de la loi de l'offre et de la demande, qui est censée fixer les prix). Ceci doit être vrais pour tous les marchés et donc aussi pour les deux qui sont ici au cœur du débat.

Et justement, il existe des mécanismes qui se mettent en place lorsqu'un ou plusieurs acteurs sont tels de part leur importance, de part des alliances secrètes pour fixer les prix (ou les quantités produites, ce qui influe sur les prix), ou pour abuser de position dominante ou en vue de créer un "trust" ou ...

Ici, ces mécanismes n'ont pas été initiés par les opérateurs de régulation (à tort ou à raison d'ailleurs) que sont les politiques, les instances de contrôle des marché, la justice (secteur économique).

Et donc un intervenant privé a décidé, comme c'est son droit, de porter l'affaire devant les tribunaux. Dès lors, celui-ci va devoir se déterminer, soit en se déclarant incompétent, soit en prenant une décision.

Je rappelle qu'au pire (pour elle), Apple pourrait être obligée de scinder ces activités en deux ou plusieurs sociétés distinctes, qui évidemment ne pourraient pas former d'alliance "cachée", devrait avoir des actionnaires distincts, ... etc.

On pourrait imaginer jusqu'à une scission en 3, avec le HW - les OS d'un côté, les activités de créations (musique, image, jeu, ...) d'une autre et enfin le store d'un troisième. Ou le store pourrait rester attaché à une des deux entités mais alors le plus logiquement serait qu'il soit rattaché au HW.

Donc non, la question n'est pas anodine pour Apple. Ce procès, d'une manière plus large pourrait être celui des stores et créer une nouvelle jurisprudence en la matière ou forcer les régulateurs à se positionner voir forcer le législateur à créer un cadre juridique spécifique.

Ce sera probablement un peu de tout ça à la fois.

Rantanplan08

30 août 2020 à 08:48

de part des alliances secrètes pour fixer les prix (ou les quantités produites, ce qui influe sur les prix), ou pour abuser de position dominante ou en vue de créer un "trust" ou ...
Justement, quelqu’un a t-il prouvé ce type d’accord entre Apple et ses concurrents ? Si il ne s’agit que de critiquer les tarifs d’Apple, ce qui semble être le cas, ce n’est pas la même chose à mon sens...
Le seul aspect qui me semble discutable dans cette histoire est le fait qu’Apple propose son propre service Apple Arcade qui vient en concurrence des jeux d’epicgames. Mais même cela je pense que c’est leur droit vu que le store leur appartient...
Après ce n’est pas parce qu’un prestataire de services (Apple avec son Applestore) représente une part très importante du marché global des apps pour smartphones, que l’on peut lui imposer sa politique tarifaire... Je trouverai cela même un peu gonflé, comme dit plus haut si le marché de l’appstore existe c’est grâce au fait que l’iphone existe, donc sans Apple tous ces développeurs non contents de leur part du gâteau n’auraient pas de gâteau....

Jef

30 août 2020 à 10:24

La valeur commerciale d'un produit ( commerciale, pas comptable) c'est tres simple : tant que le produit n'a pas été vendu, il vaut zéro. Dans le cas de fortnite, les gadgets virtuels vendu via l'application iOS, ont une valeur supérieure à zéro uniquement parce qu' Apple fournit les clients.

clive-guilde

30 août 2020 à 10:50

Je soutiens l'avis de Pehache et Sethenes.
Cette histoire j'espère sera bénéfique pour le consommateur. La concurrence ne peut qu'amener plus de choix en tout cas.
Si Apple gagne le procès elle se sentira pousser des ailes et forcera un store sur ses Mac ARM on peut en être quasi certain.

pehache

30 août 2020 à 10:50

@Rantanplan : tu as une vision extrêmement étroite de la "position dominante" et plus généralement des conditions de libre concurrence, et tu contentes de répéter les arguments d'Apple sans chercher à voir au-delà. "La voix de son maître".

Déjà le fait que Apple ait "créé ce marché" n'a strictement aucune importante pour juger si oui ou non il y a position dominante une fois que le marché est mature. Etre le premier donne un avantage pendant quelques années, avantage que personne ne cherche à discuter tant que ça ne se transforme pas en rente de situation ad vitam aeternam.

Ensuite il peut y avoir abus de position dominante sans qu'il y ait forcément un monopole. Ici c'est un duopole avec Google qui existe sur les OS et stores mobiles, et Google s'est commodément aligné sur le tarif de 30% de commission. Il n'y a pas besoin de prouver une entente secrète et illicite sur le tarif, il peut suffire de constater une entente tacite qui arrange les acteurs :
- une concurrence à deux acteurs est notoirement insuffisante en général. Sur le marché de la téléphonie mobile en France, il a fallu que l'état impose un 4ème acteur (Free) pour enfin faire baisser les prix des abonnements.
- en 12 ans aucun des deux acteurs n'a tenté de modifier sa commission. Sur un marché où la concurrence fonctionne les prix s'ajustent au fur et mesure que le marché devient mature, et clairement ça n'a pas été le cas. Quant à l'argument "les éditeurs qui ne sont pas contents n'ont qu'à créer leur propre OS et leur propre smartphone", il est éculé et ridicule. Cela réclame des moyens tels qu'en pratique c'est une barrière à l'entrée sur le marché. Même Microsoft avec ses milliards à foison s'y est cassé les dents et a dû renoncer à Windows Phone, ce qui tend à prouver qu'il n'y a pas la place pour 3 acteurs sur le marché. En plus demander à un éditeur de jeux de transformer en développeur d'OS voire en fabricant de matériel n'a aucun sens. Or parmi les conditions de libre concurrence il faut que le prix d'entrée sur le marché ne soit pas prohibitif au point d'empêcher tout nouvel entrant.

De même, la libre concurrence du point de vue du demandeur (le client) implique qu'il peut passer facilement et sans coût injustifié d'un offreur à l'autre. Or chacun des deux acteurs ici (mais c'est encore plus vrai pour Apple) fait tout pour enfermer le client dans son écosystème. Tu as acheté des applis sur l'app store et tu veux basculer sur Android ? OK mais tu rachètes tout, et tes achats précédents passent par pertes et profits, même pour les applications qui existent sur les deux OS.

La libre concurrence suppose également que l'information circule facilement. Or Apple fait le maximum pour que le client n'ait pas accès à l'information : Apple n'interdit pas seulement aux éditeurs proposer aux clients une méthode de paiement alternative dans les apps, mais aussi de les qu'une méthode alternative existe sur le site web de l'éditeur. Apple interdit même aux éditeurs d'informer leurs clients que Apple prélève 30% de commission.

Bref, il y a plein d'angles d'attaque pour tenter de démontrer que la libre concurrence ne fonctionne pas correctement sur ce marché verrouillé par un duopole, et Epic ne s'est évidemment pas lancé dans ce combat la fleur au fusil. Ils vont appuyer partout où ça fait mal. L'issue n'est pas garantie, évidemment, il faut faire confiance à Apple pour se défendre. Mais Apple va avoir fort à faire pour convaincre les juges de la justesse de leur position. Dans l'audience du référé (qui n'est pas le jugement sur le fond on est d'accord) la juge (qui est réputée bien bien connaître le dossier) a déjà donné le ton : "En l'absence de concurrence pour le store iOS, qu'est-ce qui me dit que 30% est un juste prix, et pas 20% ou 10% ?".

pehache

30 août 2020 à 10:55

Jef : "les gadgets virtuels vendu via l'application iOS, ont une valeur supérieure à zéro uniquement parce qu' Apple fournit les clients."

Cette vision moyenne-âgeuse est intéressante : les utilisateurs iOS appartiennent donc à Apple, tout comme le serf appartenait au Seigneur local.

Suivant cette même logique géniale et (littéralement donc) servile, les fabricants automobiles devraient prélever 30% des péages sur autoroute, car ils fournissent les clients aux sociétés d'autoroute.

Rantanplan08

30 août 2020 à 11:10

une concurrence à deux acteurs est notoirement insuffisante en général. Sur le marché de la téléphonie mobile en France, il a fallu que l'état impose un 4ème acteur (Free) pour enfin faire baisser les prix des abonnements.

Ce n'est pas la faute d'Apple ou de Google si ils ne sont que deux. Comparer avec Free ne me semble pas cohérent. Il s'agissait de répartir des fréquences avec un nouvel acteur. Là tu connais un autre acteur (un autre fournisseur d'OS mobile qui ne peut pas se lancer faute d'un blocage de ce type) ?

en 12 ans aucun des deux acteurs n'a tenté de modifier sa commission. Sur un marché où la concurrence fonctionne les prix s'ajustent au fur et mesure que le marché devient mature, et clairement ça n'a pas été le cas.

Où justement si les prix ne baissent pas c'est peut être que ce prix est convenable ? J'entends par là que si ce prix ne l'était pas, les développeurs ne seraient pas rentables depuis des années... Alors Apple et Google n'auraient pas réussit à vendre leur service, et auraient été contraints de baisser leur tarif.

De même, la libre concurrence du point de vue du demandeur (le client) implique qu'il peut passer facilement et sans coût injustifié d'un offreur à l'autre.

Ah ouais ? Alors à chaque fois que j'achète un jeu EpicGames version PC ils se doivent de me donner la licence version PS4 dans ce cas, en admettant que j'aurais décidé de changer de plateforme ?

La libre concurrence suppose également que l'information circule facilement.

Sur cet argument pourquoi pas, il est vrai qu'Apple n'a pas à empêcher Facebook de dire que la commission est de 30%.

Dans l'audience du référé (qui n'est pas le jugement sur le fond on est d'accord) la juge (qui est réputée bien bien connaître le dossier) a déjà donné le ton : "En l'absence de concurrence pour le store iOS, qu'est-ce qui me dit que 30% est un juste prix, et pas 20% ou 10% ?".

Justement, ces propos du juges me semblent pas être justifiés. Ce n'est pas au juge de fixer les prix, c'est au marché lui-même. Le jeu de l'offre et la demande, si trop cher il y a moins de clients, alors on baisse ses prix. Là a priori il y a de la demande...

Pour résumer, je pense surtout que cet argument de la "libre concurrence" est dans ce cas une excuse pour tenter d'obtenir un tarif préférentiel d'Apple et à défaut de tenter de nuire à son image pour essayer de les faire céder. A la rigueur on peut discuter du fait que l'on ne puisse pas installer à Store concurrent sur iOS, mais même là l'OS appartient à Apple donc... (comme dit précédemment beaucoup de constructeurs font cela, comme Samsung avec ses TV par exemple).

Sethenès

30 août 2020 à 11:28

Je l'ai déjà écrit plusieurs fois, ce chiffre de 30% ne me choque pas. Sauf, évidemment, s'il y a concurrence avec un service qu'on propose soi-même.

Au fond dans ce dossier, le pire ennemi d'Apple a été ... Apple elle-même. Et ça, je crois que les dirigeants d'EPIC le savaient et en ont joué tel le torero qui agite le tissus rouge devant le taureau. Et Apple a foncé tête baissée dans le piège. Ils sont tellement sûr de toujours avoir raison.

Des soupçons d'abus de position dominante chez Apple, ne cherchez plus, vous avez un exemple avec cette menace (rappelons-le à l'origine) de tout bloquer en ce compris les outils de développement pour des firmes tierces. L'abus est là, patent. La preuve est faite et comble de l'ironie, elle l'est par Apple elle-même !

Mais au fond, l'intérêt pour moi dans ce dossier est que pour une fois, un intervenant extérieur et neutre, un juge va avoir à se prononcer sur le fond de l'affaire.

Et qu'on soit plutôt du côté d'Apple ou plutôt contre, il faudra bien admettre sa décision qui ne sera ni partisane, ni influencée par un quelconque lobby.

Déjà, je lis certaines intervention dans lesquelles les décisions du juge sont discutées voire critiquées ... un peu d'humilité s'il vous plait. Ne faite pas la même erreur qu'Apple.

Rantanplan08

30 août 2020 à 11:41

Oui je suis d'accord avec Sethenes sur le fait qu'Apple n'a pas à menacer de bloquer plus que le compte qui n'a pas respecté les termes du contrat. Je ne dit pas qu'Apple est tout blanc, mais par contre dans cette histoire je suis convaincu qu'elle est dans son droit (sur le problème initial où le client, soit EpicGames, ne respecte pas les termes du contrat commercial qu'il a signé et qui ensuite vient jouer la victime, et c'est d'ailleurs ce qu'à également dit la juge -> EpicGames s'est mis dans cette situation tout seul).

belou81

30 août 2020 à 12:18

Cette affaire serait une bonne chose si elle était profitable au bout pour le consommateur. Forcer apple a baisser sa commission de 30% je dis oui, a condition que le delta ne revienne pas a Epic

Sethenès

30 août 2020 à 12:22

"Le succès est un mauvais professeur, il fait croire aux gens intelligents qu'ils sont infaillibles !".

Cette intéressante pensée est d'un certain Bill Gates, ex patron de Microsoft ...

"Success Is A Lousy Teacher. It Seduces Smart People Into Thinking They Can’t Lose !".

Sethenès

30 août 2020 à 12:28

@belou1 : pour moi, le vrai problème est situé un peu ailleurs.

Imagine deux sociétés distinctes qui conçoivent toutes les deux un jeu. L'une est indépendant d'Apple et va sur le store, il y a donc un prélèvement de 30%. L'autre dépend d'Apple et ce prélèvement n'a donc pas lieu.

Imagine que les deux jeux soient équivalent en coûts de développement et donne la même expérience utilisateur. Simplement l'un sera 30% plus cher que l'autre ... voilà où est le problème.

Si Apple, de son côté ne développait pas d'offre de jeux alors tous les jeux seraient en concurrence loyale puisque tous les jeux serait grevés par un même prélèvement de 30%.

Avec cet exemple on voit bien la distorsion de concurrence.

The Hoff

30 août 2020 à 15:38

@ rantanplan08: sur les prix, tu as un exemple simple, les abonnements (médias, TV etc). Ils sont toujours plus chers sur iTunes que sur n'importe quel autre support internet, pour exactement le même service. Pire, Apple interdit aux éditeurs d'application de mentionner le fait que le consommateur aurait intérêt à s'abonner via un autre support qu'iTunes, abusant, de fait, les consommateurs.

Rantanplan08

30 août 2020 à 15:41

@The Hoff oui et Netflix à trouvé la solution, qui d’ailleurs ne pose pas de problème à Apple. EpicGames pourrait faire la même chose, mais ça voudrait dire un compte = une licence multi plateforme et ça il ne veulent pas.

Rantanplan08

30 août 2020 à 15:43

D’où leur hypocrisie, apparemment ils ont mené le même « combat » avec steam...

pehache

30 août 2020 à 16:08

@Rantanplan "Ce n'est pas la faute d'Apple ou de Google si ils ne sont que deux. "

Ce n'est pas une question de faute à ce stade. La position dominante est soi n'est pas répréhensible, c'est l'abus de position dominante qui l'est.


Là tu connais un autre acteur (un autre fournisseur d'OS mobile qui ne peut pas se lancer faute d'un blocage de ce type) ?


Peu importe le type de blocage, ce qui est important c'est qu'il y ait un blocage. Et il y en a bien un de fait sur le marché des OS mobiles (comme sur le desktop, d'ailleurs, avec le duopole Windows/macOS).

"Où justement si les prix ne baissent pas c'est peut être que ce prix est convenable ? J'entends par là que si ce prix ne l'était pas, les développeurs ne seraient pas rentables depuis des années... Alors Apple et Google n'auraient pas réussit à vendre leur service, et auraient été contraints de baisser leur tarif."

Les éditeurs n'ayant en pratique pas vraiment d'autre choix que de passer par les conditions d'Apple et de Google pour atteindre les clients mobile, la question ne se pose pas comme ça. Et au final il ne faut pas se leurrer, c'est le client final qui paie la commission, car les éditeurs intègrent évidemment cette dépense dans leurs prix.

Ah ouais ? Alors à chaque fois que j'achète un jeu EpicGames version PC ils se doivent de me donner la licence version PS4 dans ce cas, en admettant que j'aurais décidé de changer de plateforme ?

Je ne sais pas quelle est la politique actuelle de Sony sur ce point (je suppose que c'est même combat que Apple). Par contre je sais que Epic fait partie de ceux qui poussent beaucoup le cross-plateforme, justement.

Mais tu déformes le propos en fait : le choix de proposer une licence cross-plateforme ou pas devrait revenir à l'éditeur, alors que là Apple interdit ce choix. Si on y ajoute le refus d'accueillir le jeu en streaming, Apple (et d'autres) mène un combat d'arrière-garde pour garder la main-mise sur ses clients.

Justement, ces propos du juges me semblent pas être justifiés. Ce n'est pas au juge de fixer les prix, c'est au marché lui-même. Le jeu de l'offre et la demande,

Le juge ne fixe pas le prix, il s'interroge sur le bon fonctionnement du jeu de l'offre et de la demande dans le cas présent, justement.

Rantanplan08

30 août 2020 à 16:29

C’est bien de débattre Pehache mais nous ne sommes pas d’accord et on aura beau tenter de se convaincre j’ai le sentiment que l’on y arrivera pas. Il ne reste qu’une chose à faire : attendre l’avis de la justice américaine sur le sujet (de plus ils ont sûrement plus de détails que nous et une bien meilleure connaissance de la loi américaine) !

pehache

30 août 2020 à 18:17

On est d'accord là dessus au moins !

Réagir
Vous devez être connecté à notre forum pour pouvoir poster un commentaire.

Plus loin Connexion
Plus loin Inscription