Free veut-il nous tuer ?


Hier après-midi, le fournisseur d'accès à internet Free a mis à jour la dernière version de son boîtier permettant à ses clients d'accéder à internet, la Freebox Révolution. Une nouvelle option, cochée par défaut, a fait son apparition : le blocage des bannières publicitaires sur les différents sites web. Cette nouveauté a déjà fait couler beaucoup d'encre, et nous avons décidé à notre tour de monter au créneau pour dénoncer les pratiques de Free, qui vient de franchir la ligne jaune. Afin de bien comprendre le contexte, nous allons d'abord vous décrire notre modèle économique, puis nous expliquerons pourquoi la décision de Free de bloquer la publicité par défaut est une menace pour l'existence même du web français.




Notre modèle économique


Comme vous l'avez certainement constaté, tout le contenu de notre site vous est proposé gratuitement. En revanche, sur chacune de nos pages vous trouverez des bandeaux publicitaires, par exemple à côté de notre logo. Ces bannières, qui nous sont apportées par des régies publicitaires, nous permettent de générer un revenu selon trois types d'actions : la simple vue de la bannière, le clic sur cette dernière, ou encore l'achat d'un produit après avoir cliqué dessus.

Ainsi, même si vous ne cliquez jamais sur une bannière, le simple fait de la visionner nous permet tout de même dans certains cas de financer Consomac. Car, du côté des charges, nous avons bien sûr notre serveur dédié ainsi que nos noms de domaine (Consomac.fr, Consomac.com, etc.), de nombreux investissements informatiques pour travailler et connaître tous les produits d'Apple sur le bout des doigts venant compléter la facture.


Notre charte de bonne conduite


Consomac V6Comme tout internaute, nous avons un avis partagé sur l'usage de la publicité : quelle est la limite ? La publicité intrusive peut être pénible, et nous ne voulons pas imposer à nos visiteurs ce que nous n'aimons pas subir lorsque nous visitons d'autres sites web. Lorsque nous nous sommes lancés, nous nous sommes donc fixés quelques règles, que voici :
• À aucun moment une bannière ne peut se placer au dessus d'un quelconque contenu.
• Les pop-up, pop-under et autres publicités surgissantes sont proscrites.
• Les publicités comportant du son sont systématiquement refusées.
• Les bannières restent en marge du contenu, et ne viennent par exemple jamais s'intercaler au milieu d'un article.
• Les bannières ne dépassent jamais le nombre de quatre sur les pages les plus longues.
• Les habillages (publicités entourant l'ensemble de la page) restent exceptionnels (quelques jours par an tout au plus), et ne sont acceptés que s'ils promeuvent une réduction exceptionnelle intéressant directement nos lecteurs.
• Aucun annonceur ne peut influencer notre contenu rédactionnel et toute offre de publireportage est systématiquement refusée.


Le problème du blocage des pubs


Vous l'avez donc compris, notre site étant gratuit, la présence de publicité sur notre site est indispensable à notre survie et nous faisons de notre mieux pour que sa présence reste discrète et non intrusive. Chaque visiteur consultant nos colonnes est donc invité, en échange de notre travail fourni gratuitement et du coût de sa visite (la puissance de notre serveur et donc son coût sont directement liés à notre nombre de visiteurs), à visionner quelques bannières.

En bloquant les publicités par défaut sur sa Freebox Révolution, Free nous prive donc d'une grande partie de nos revenus, et met en péril notre survie. Car si d'autres modèles économiques sont envisageables (par exemple, rendre le contenu de Consomac payant), bien des acteurs du web s'y étant essayés s'y sont cassés les dents. Et le but de notre site, qui est d'aider nos lecteurs à acheter les bons produits au bon moment et au bon prix, ne nous semble pas compatible avec la vente d'un abonnement !

Si Free maintient sa décision unilatérale de bloquer les bannières publicitaires par défaut, de très nombreux sites web français, qu'ils soient amateurs ou professionnels, vont rapidement ne plus pouvoir se financer et seront amenés à disparaître. Comme la quasi-intégralité des sites web ne comportant pas de magasin en ligne, nous ferons partie du lot.

Nous passons donc ce soir un appel : si vous disposez d'une Freebox Révolution, nous vous invitons à désactiver le blocage par défaut des publicités. Il en va de la survie des sites que vous aimez. Comme vous vous en doutez, nos lecteurs qui utilisent AdBlock Plus afin de visiter notre site sans ses publicités nous mettent également dans une situation délicate. Nous appelons là aussi nos lecteurs à désactiver ce plugin, ou tout du moins mettre en liste blanche les sites que vous préférez.

Des liens n'apparaissent pas ? Des images sont manquantes ? Votre bloqueur de pub vous joue des tours.
Pour visualiser tout notre contenu, merci de désactiver votre bloqueur de pub !

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Vos réactions (30)

Pinpin

4 janvier 2013 à 19:29

C'est vrai ça craint !!!!!!

Mais ça leur servent à quoi de faire ça puisque le but de leur box est de pouvoir surfer sur des sites internet ???

Baradal

4 janvier 2013 à 19:30

Faire pression sur Google qui est la plus grosse régie pub au monde concernant qui doit payer pour avoir du youtube ultra rapide. En gros.

JoeLanus

4 janvier 2013 à 19:53

Je savais déjà que les site pour la majorité étais financé par les pub, je ne pensais pas par contre que vous gagnez plus si on cliquais dessus, je vais donc de mon côté aidé à financer ce site que je trouve vraiment très pro en cliquant de temp a autres sur les publicités, je vais également désactiver adblock de safari et ne vous en faite pas je suis chez orange

Djoejo

4 janvier 2013 à 19:56

Pas compris si c'etait bloqué pour tout l'internet qui passe par la freebox , ou si c'etait juste quand on utilisait le navigateur de la freebox sur la tele ?

iMusic

4 janvier 2013 à 20:19

Le problème c'est qu'il y a trop d'abus. On peut parler de SPAM publicitaire qui pourrit tout le web. La pseudo gratuité fini par nous coûter très cher (quand c'est gratuit, c'est toi le produit). Trop de sites web se contentent de recycler du contenu qu'ils n'ont pas produit ou de très faible qualité, juste pour faire du blé avec Google.

Il ne faut pas se faire d'illusion, il y aura toujours de la pub sur le web. Le problème c'est que le respect de l'internaute est actuellement violé avec des pubs intrusives, forcées, agressives, omniprésentes. Sans parler des publicités à caractère douteux, porno ou glauque. Trop c'est trop, le ras le bol est général et on ne peut pas le nier. Le problème c'est que les sites sérieux qui respectent leurs lecteurs, comme consomac, en font les frais sans être les responsables de cette dérive publicitaire que connait le web actuellement.

L'initiative de Free est peut être calculée et cynique (il ne faut pas se faire d'illusions), mais elle est aussi salvatrice pour des milliers d'utilisateurs. Faut-il s'inquiéter pour le modèle économique de certains sites ? Free ne sera pas forcément suivi et ne persévèrera peut-être pas. Et il y a une vie sans google. Il n'y a qu'à voir la presse papier, certains ont su s'adapter, d'autres étaient condamné depuis longtemps. De façon bien plus brutale que sur le web, les coûts fixes de la presse papier étant bien plus élevés.


Le marché publicitaire n'étant pas extensible à l'infini, il ne peut pas baisser non plus. Notre économie ne peut vivre sans pub. Le marché de la pub peut tout simplement évoluer et se déplacer, des sites "gratuits" de qualité n'auront pas forcément de mal à trouver des partenariats plus qualitatifs comme le font déjà certains.

Une chose est sûre, c'est que l'hégémonie actuelle de Google est une anomalie en soi et ne durera pas éternellement. Personne ne s'est demandé comment ils ont pu exercer un tel racket sur tout le web (surtout pour faire de l'évasion fiscale). Il est temps de redistribuer les cartes. De plus ils vampirisent tous les autres marchés publicitaires, alors que le marché pub web est très bas de gamme, souvent putassier, et même contreproductif. Si les espaces publicitaires se réduisent ils verront donc obligatoirement leur prix augmenter. Et là c'est bénéfice pour tout le monde, les annonceurs qui peuvent communiquer de façon plus qualitative, les sites web qui pourriront moins leurs pages (certains sites sont devenu infréquentables), et les utilisateurs qui verront moins de publicités.

Si d'autres suivent free, oui il y aura un peut de casse, mais je pense que cela ferait un peut de ménage. Ce que Google perdra, sera de toute façon récupéré ailleurs. Sinon en quantité, du moins en valeur.

Et pour conclure, non le web n'est pas qu'une Foir'Fouille, et oui il y a des sites de grande qualité faits avec très peut de moyens si ce n'est le talent de leurs auteurs.

photo-cineaste

4 janvier 2013 à 21:20

Salut,

Pourquoi ne monter au créneau que maintenant ? Bloquage Free ou pas, il existe déjà bien des moyens de bloquer les publicités sur internet... ça ne date pas d’aujourd’hui...

Après je comprend que ça vous emmerde... Je vous comprends... mais bien que ça ne soit pas le cas chez vous, sur certains sites la publicité est quand même abusive...

Mr Bob

4 janvier 2013 à 22:09

Afin d'apporter un peu de théorie à ce débat, je me permets de vous proposer cet article scientifique : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/06/25/52/PDF/sic_00001288.pdf

Sur 100 personnes, qui peut dire avoir conscience de ces résultats ?

shark132b

4 janvier 2013 à 22:14

Parce que c'est le fournisseur d'accès qui bloque la pub et pas l'utilisateur.
Pour le geek pas de problème, il va dans son compte de gestion free et peut remettre les pubs de toute façon il avait un adblock.
Le plus grave pour les sites gratuits c'est Monsieur et Madame tout le monde, la cousine Jeanine qui ne comprend rien à internet, qui est chez free car c'est pas cher, qu'on lui a dit que si elle était chez Free c'était bien car elle n'était pas un pigeon et qu'elle avait un serveur à disposition(vu que la cousine Jeanine est célibataire quelle ne fût pas sa déception de ne pas voir débarquer avec sa freebox un type habillé en noir avec un noeud papillon!) et qu'elle avait un lecteur BluRay (mais elle ne fait pas la différence avec un DVD car c'est un disque, elle aurait préféré un magnétoscope car sons enregistrement d'Antenne 2 de 1985 de Jonnhy à l'Olympia elle ne peut plus le regarder).
Tous ces gens là ne vont pas prendre la peine de sélectionner les sites sur lesquels afficher des pubs.
De plus, il parait que la pub de free n'est pas bloquée...
Donc aujourd'hui Free bloque les pubs qui l’intéresse,demain ce sera un service concurrent, un site qui dit du mal de la hotline pourri etc...

pehache

4 janvier 2013 à 22:49

Free casse les prix, et après Free se plaint de ne pas pouvoir financer les tuyaux pour ses abonnés, et fait du chantage à Google pour les faire raquer... Car c'est bien le fin mot de l'histoire : Free (et les autres opérateurs) voudraient que Google paye pour faire transiter son contenu (videos YouTube...) jusqu'à l'abonné.

On a aussi les éditeurs de presse qui voudraient que Google les paie pour les référencer (un comble !).

Bref tout le monde veut faire payer Google.

OK, Google se fait plein de pognon, connait une réussite insolente, a un quasi-monopole sur certains marchés, n'est pas une entreprise philanthropique, a des pratiques fiscales contestables voire peut-être illégales, etc...

Mais Google c'est aussi l'entreprise qui a le plus innové sur internet depuis 12 ans. Son moteur de recherche n'était pas le premier sur le marché mais s'est imposé par sa puissance et sa pertinence. Gmail quand il est apparu surpassait tous les autres webmail. Google maps et Google earth sont universellement utilisés. Et je passe sur les dizaines de services offerts par Google, dont certains sont excellents (google docs j'adore). Bref, Google mérite son succès, et tous ceux qui n'innovent pas ne pensent qu'à une chose : taxer Google de toutes les manières possibles.

Et pourtant malgré sa puissance, Google peut s'effondrer en peu de temps. Voir l'exemple de RIM, qui était au firmament il y a quelques années. Un concurrent peut sortir une innovation inattendue, ou changer les pratiques du web (Facebook par exemple), et Google plonge.

Elbutcher

4 janvier 2013 à 23:46

Ce sujet fait couler beaucoup d'encre, et pour cause : il touche à vos revenus.
Donc quoi de plus normal.

Mais je vais vous faire un copier/coller de ma réaction sur un autre site :

"Je comprend bien que votre (les webmasters en général) position est des plus délicates dans cette malheureuse histoire.

Vous voyez le risque de perdre votre principale, voire unique, source de revenus.

Mais il ne faut pas perdre de vue non plus tout ce qui a conduit à cette situation. Les coupables sont plus nombreux qu'on ne le croit. C'est trop facile de pointer du doigt Free.

- Premièrement, quel pourcentage de visiteurs cela représente cette histoire de Freebox Révolution avec Adblock activé ? A mon avis pas tant que cela.

- Deuxièmement, cette démarche de Free permet surtout aux webmasters de parler ENFIN d'un sujet tabou depuis plusieurs années pour eux : l'utilisation des plugins gratuit dans les navigateur qui font ce travail depuis longtemps.
Mais de peur d' être mis au pilori sur la place publique, aucun n'a jamais oser protester contre ces Adblock car cela venait d'une démarche VOLONTAIRE de l'utilisateur, donc vos clients.

- Troisièmement, certes là aussi le sujet est plus complexe que ce que je vais exposer, MAIS : cela devient vraiment pénible pour les FAI la position dominante et l'attitude de Google face au financement des réseaux.
Aujourd'hui, Google, est riche à milliard grâce aux investissements des FAI. Free réclame depuis longtemps une participation des Géants du web au déploiement / modernisation des structures.
On a des gouvernements qui ont déjà établit des règles et voté des lois permettant à ces dictateurs du web d'épargner des milliards d'euros en impôts. Ils pourraient au moins avoir une obligation de financement des structures.

Franchement, quand Free, Orange, SFR et tous les autres opérateurs du monde se seront allégés de plusieurs dizaines de milliards de dollars pour déployer la fibre optique, qui sera LE grand gagnant de ces débits fantastique : Google et ses (petits) confrères !

Donc désolé pour vous, oui, vraiment.
Mais il faut maintenant que les choses bougent.
Malheureusement, on préfère trouver une info chaque jour pour troller sur Apple plutôt que de dénoncer la situation de Google.

Excusez moi du peu, mais face à Mountain View, Cupertino n'est QUE l'associé du Diable, pas plus !"

pim

5 janvier 2013 à 01:59

Le code de conduite de ConsoMac est assez impressionnant. Mais ce sont de bons principes. La seule chose qui pourrait être rajouté niveau pub, c'est la bannière au milieu du texte d'un article ou entre messages sur les forums : je trouve cela assez peu gênant. Bon je sais que ce n'est pas le débat du jour, donc pardon pour le hors-sujet.

Quant à Free pour ma part en contrôlant ainsi ce qui apparaît sur nos écrans, il y a un défaut de neutralité du web. La pub, c'est humain, c'est une composante de la société de consommation, il y a des choses qui doivent rester modérées mais qui seront toujours présentés par principe. Combattre la pub, c'est comme combattre les jours ou il pleut, c'est stupide. Mais là bien sur Free fait juste un bras de fer avec Google en fait...

pehache

5 janvier 2013 à 10:01

@elbutcher : non Google n'est pas riche à milliard grâce aux investissements des FAI, Google est d'abord riche à milliards grâce à sa politique d'innovation.

Ce n'est pas de la "faute" de google si en France les accès internet pour les particuliers sont si peu chers que les FAI n'arrivent pas à dégager suffisamment de ressources pour investir dans leurs réseaux. Et si les accès sont si peu chers c'est parce qu'ils ont cassé les prix sous l'impulsion de Free, justement. Donc Free se fout du monde en pleurnichant comme ça maintenant.

Il faut savoir qu'aux USA l'équivalent d'un abonnement triple-play par câble coûte de l'ordre de 100$ par mois ! On a tous bénéficié des prix bas de l'abonnement internet en France, mais ça a des conséquences : les FAI n'ont pas des revenus énormes. Jusqu'à aujourd'hui ils compensaient avec les gros revenus tirés de la téléphonie mobile (là ils se goinfraient), mais même ça c'est en train de changer...


iMusic

5 janvier 2013 à 10:21

@ Elbutcher : Commentaire brillant. Pas mieux.

Quant à la pseudo neutralité du web, cela fait un moment qu'elle est entre les mains de quelques géants (Google, Facebook, Apple, Twitter, Microsoft, Amazon...). Google étant devenu la pierre angulaire de toute l'économie numérique en faisant la razzia sur les moteurs de recherche qu'ils monétisent aux prix fort. Des sociétés tentaculaires sans limites qui n'ont même plus besoin d'innover (il suffit de tout racheter). Si on ne les stoppent pas, ils finiront à quelques uns par posséder le web (on s'en approche). L'action de Free a le mérite de mettre cela en évidence. Une société américaine tient une bonne partie de l'économie numérique dans ses serveurs, et leurs champs d'actions ne cessent de croitre dans tous les secteurs clés.

Dans l'économie classique, cela peut s'apparenter à un abus de position dominante. Google, société innovante et créative, est devenu un dictateur numérique au pouvoir délirant (bien plus que certains états), sans aucune obligation morale, économique, industrielle, ou sociale (le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière). Et en faisant de l'évasion fiscale pour couronner le tout.

iMusic

5 janvier 2013 à 11:25

Comme je le disais dans mon premier message, cela ne durera pas forcément. Un journaliste de BFM TV annonce déjà la désactivation de l'Adblock lundi.

http://www.macg.co/news/voir/258392/free-l-adblock-sera-desactive-lundi

Si certains peuvent souffler, la question de l'hégémonie de Google reste posée. L'action de Free l'a mise en évidence de façon éclatante.

H.n

5 janvier 2013 à 12:25

C'est vraiment agréable de voir des commentaires constructifs des deux côtés. C'est tellement rare de nos jours. Consomac est un site bien
Il y a plusieurs points qui n'ont pas été énoncé et que je trouve assez important.

1) Beaucoup parlent de publicité intrusive mais celle de la télévision le son encore plus. Elles sont imposées coupe votre film et surtout sont longues. Mais avec internet, les gens sont devenus beaucoup moins tolérant qu'auparavant (j'en fais parti). Les gens veulent en général de la qualité, tout de suite, à bas prix. L'exemple flagrant c'est avec Free où les clients espèrent avoir la même qualité de service et de réseau que les concurrent dés le début. Oui la pub est parfois intrusive et assez abusée, après vue tout ce que je fais avec internet le prix à payer est (vraiment) minime.

2) Google doit évidemment payer. Oui ils sont innovant bla bla mais aujourd'hui l'économie a beaucoup changé. Internet à une place encore non mesurable dans la vie quotidienne (achats, social etc...). La donne n'est pas la même aujourd'hui et Google doit effectivement revoir la distribution de ses revenus.

3) Il y a d'autre modèle de rémunération des sites à voir. Par exemple je serais prêt à payer 10 euros par mois pour n'avoir aucune pub sur le net et de répartir cet argent entre les sites que je visite il n' en a pas 100 000. Et n'oublions pas les dons c'est bête mais ça marche (juste quand le site est bon).



pehache

5 janvier 2013 à 12:43

Je ne comprends cette quasi-haine envers Google... A part l'évasion fiscale, que pratiquent toutes les sociétés de l'économie numérique (*), qu'est-ce que vous reprochez à Google précisément ?

Google n'est pas une menace pour la neutralité du net ! Bien au contraire, tout leur modèle économique repose sur cette neutralité, ils seront bien les derniers à la remettre en cause ! C'est bien au contraire les FAI qui ne pensent qu'à la remettre en cause, prace que leur intérêt est que leurs abonnés sortent le moins possible de leurs réseaux et utilisent le plus possibles leurs services à eux.

(*) je ne cautionne pas, c'est juste un fait. Il est évident que les états doivent taper du poing sur la table et réclamer les impôts qui leur sont dûs. Mais les règles économiques à l'intérieur de l'Europe rende ça très compliqué.

Elbutcher

5 janvier 2013 à 13:59

@pehache

Sans vouloir te vexer, je trouve que tu manques fortement d'objectivité envers Google.

Non content de dominer le web de la tête et des épaules, ils sont en passe maintenant de dominer le marché du téléphone portable avec Androïd (au passage, merci l'Asie pour le taux de pénétration, mais c'est un autre débat).

Je vais donc résumé la suite de mon intervention que je vous ai cité plus haut :

En quoi Google est le grand défenseur des liberté ??

- Google consomme de la bande passante avec Youtube
- Google Adsense domine toutes les régies de pub et se sucre sur les pubs. A chaque rémunération de vos sites préférés par des annonceurs, Google prend une belle grosse com' au passage.
- Google domine le marché du mobile (Androïd) que l'on croit libre mais truffé de système rentable pour lui (Données personelles, PlayStore, Gmail ...).
- Google innove et crée du contenu gratuit : vous vivez avec les Bisounours ou quoi ?
Des services tels que Google Maps / Earth sont PAYANTS pour les professionnels. Et leur système d'analyse de leurs services et tellement performant qu'il ne sert à rien d'essayer de se cacher derrière une pseudo identité de particulier pour passer à travers la redevance "Googlienne".

Je cite la fin de mon post :
"On a bien un conflit David contre Goliath entre Free et Google.
Et si la seule réaction concrète du web est de créer des script qui bloqueront l'accès à leur site au Freenaute, je ne peux m'empêcher de me dire que les gens ne réfléchissent pas plus loin qu'au lendemain.

Pour le jour d'après on oublie et on se laisse bouffer par les lobbies"


Au vu des réactions sur la toile ce matin, malheureusement, je pense de la croisade de Free sera stoppée nette faute de troupes voulant combattre à leurs coté, préférant continuer à verser leur dîme au Dieu de Mountain View par peur de son courroux !
C'est un peu l'histoire de notre pays, on préfère se contenter de notre situation médiocre plutôt que de prendre des risques pour amélioré notre lendemain.

pehache

5 janvier 2013 à 15:34

Euh, je ne prétends pas que Google est un grand défenseur des libertés. C'est une entreprise capitaliste dont le but est le profit et la conquête de parts de marchés, c'est une évidence. Tout comme il est évident que les services "gratuits" de Google sont financés d'une manière ou d'une autre.

Je dis juste que le modèle économique de Google implique que Google a intérêt à défendre la neutralité du net. Pas par philanthropie mais tout simplement par intérêt économique.

"Google consomme de la bande passante avec YouTube" : euh, non, les abonnés consomment de la bande passante, nuance. De même que quand je roule avec ma voiture ce n'est pas Peugeot qui pollue, c'est moi.

"Google innove et crée du contenu gratuit : vous vivez avec les Bisounours ou quoi ?" : du tout. Il faut se rappeler de l'apparition du moteur de recherche de Google et comment il surpassait tous les autres. Pareil avec Gmail. Pareil avec Google docs... Bien sûr ce n'est pas "gratuit", c'est financé par la pub. On le sait, et si on n'aime pas le principe on n'utilise pas.

"Google domine le marché du mobile" : oui, mais ils ne sont pas non en monopole. Et ce n'est pas la faute de Google si Apple veut se cantonner à la niche haut de gamme ni si Nokia ou RIM ont merdé dans leurs choix stratégiques.

Elbutcher

6 janvier 2013 à 11:59

@pehache :

Alors concrètement, que proposes tu face à l'hégémonie de Google sur le web et sa future position de force dans la téléphonie ?

Parce que si on fait un état des lieux, on en est à ce jour :

- Domination des régies pub sur le web avec Google Adsense :
Concrètement cela veut dire que lorsque nos sites favoris affichent une pub sur leur site, cette pub est CIBLEE sur l'utilisateur en fonction des données PERSONNELLES collectées au fil de notre surf par GOOGLE.
L'annonceur va payer Google pour ce boulot qui, à son tour, va rémunérer notre site favoris APRES s'être prit une belle et énorme commission.

- Les services "gratuit" de Google :
Les produits tels que Maps et Earth sont payant pour n'importe quel professionnel, je l'ai déjà dit
Un service comme Gmail est une vrai mine d'or pour eux. Beaucoup de gens l'ont peut-être oublié, mais ils n'ont pas eut de mal à proposer un webmail aussi complet puisqu'en contrepartie l'utilisateur accepte dans les CGU que Google récupère des données en scannant nos mails pour, officiellement, ne cibler "que" de la pub.

- Leur prédominance sur le web :
Ok, ils doivent leur succès à la qualité sans égale de l'algorithme de leur moteur de recherche.
Néanmoins, ils se sont servis de cette force pour racheter uns à uns les services les plus intéressants du web (= les plus visités pour un maximum de retombées pour leur régie publicitaire), Youtube en tête.
Et à qui doit on le développement fulgurant de ces services si ce n'est aux investissements des FAIs pour acheminer le trafic jusqu'à notre porte ?

- Leur attitude face à la presse :
Ils profitent grassement des éditoriaux et des articles de tous les grands groupe de presse sans vouloir reverser le moindre centime sur les revenus générés par la pub que cela leur rapporte via Google actus !
Je rappelle quand même que, là, même ailleurs en Europe et dans le monde, la grogne commence à monter vraiment !

Je ne cautionne pas, sur la forme, la démarche de Free avec son Adblocker.
Mais sur le fond, c'est son combat contre Google qui est important.
Soyons lucide, que peut bien en avoir à faire le géant de Mountain view que 10M de Français n'afficherons pas de pubs pendant quelque temps ?

- Mais pourquoi les principaux acteurs du web ne participeraient pas aux développement de celui-ci ?
Après tout, TF1, Canal+, M6, Orange, SFR, Free, Bouygues sont bien obligé de financer l'industrie du cinéma à cause de la concurrence qu'ils leurs font ! Personne ne trouve plus rien à y redire, non ?

Je pense que Free espérait un peu ouvrir les yeux au web français, malheureusement, au lieu de cela ils ont préféré titrer en masse "Free veut nous couper nos revenus"

Dommage ... pour vous (les webmasters) car pour nous au final (utilisateurs), rien ne changera fondamentalement. On gardera nos extensions adblock dans nos navigateurs qui trouverons toujours un moyen de contourner les scripts qui tenterons de les évincer.

pehache

6 janvier 2013 à 13:05

Je ne nie pas que la situation de quasi-monopole de Google dans certains secteurs (la pub par exemple) soit un problème potentiel pour l'avenir, comme toutes les situations de monopole.

Après c'est bien joli de cracher sur la pub, mais qui est prêt à payer pour les services actuellement financés par la pub ? Est-ce que tu prendrais un abonnement à consomac pour ne pas avoir de pub dessus ? Est-ce tu prendrais un abonnement à un moteur de recherche sans pub ? Est-ce que tu t'abonnerais à un webmail payant sans pub ? Il existe des site d'info sans pub sur abonnement : es-tu abonné à l'un d'eux ?

Et c'est bien gentil de faire passer Free pour un chevalier anti-pub : sur leur propre site je vois de la pub, ou je me trompe ? Sur la page d'accueil de leur webmail je compte 5 pavés de pub ! Et je vois même une barre de recherche Google !!!

Au sujet du conflit avec la presse : là on marche complètement sur la tête ! Google référence "gratuitement" les journaux et leur amène du trafic, et les journaux voudraient être payés pour ça ??? Google ne stocke pas les articles entiers mais seulement les titres et quelques lignes. Si on veut lire l'article il faut aller sur le site du journal. Et les journaux peuvent demander à ne plus être référencés si ils veulent : pourquoi ne le font-ils pas si ils estiment que Google ne leur apporte rien de positif ?

Concernant le financement obligatoire du cinéma par les télé -et aussi par les FAI, qui payent une taxe de ce genre- je trouve ça tout aussi idiot que de demander à Google de financer les FAI. Que les FAI fassent fassent leur business en faisant payer leurs abonnés si nécessaire. Demander à Google de financer les FAI ce n'est pas lutter contre la pub, c'est utiliser l'argent de la pub pour financer les FAI et donc nos accès internet, plutôt que de les payer à leur vrai prix.

iMusic

6 janvier 2013 à 15:11

Google n'amène que dalle à la presse classique, ils vivent sur la bête en échange de liens dont Le Monde, Le Figaro, L'équipe, Vogue ou Libération... n'ont que faire. Ils se retrouvent pris en otage par le monstre (si vous n'acceptez pas d'être pillé par Google, Google pillera votre concurrent...). La presse n'a pas besoin de Google sauf pour se faire piquer leur contenu sans contrepartie constructive. Google est un véritable cancer pour l'indépendance de la presse (la vraie qui paye des centaines de journalistes qui font un travail de journaliste), et un danger pour la démocratie. Google ont décidé unilatéralement de ne pas payer de droits sur les contenus des journaux, qui ont couté des millions à être produits, tout en siphonnant les revenus publicitaires avec les liens. Le marché de la pub n'est pas extensible à l'infini, c'est profitable soit pour la presse, soit pour Google. En aucun cas pour les deux.

Question de survie à terme, des titres quittent désormais Google Actualité soit parce qu'ils sont assez puissants ou en agissant groupés. Un exemple parmi d'autres avec les journaux brésiliens qui ont dit "FUCK" à Google :

La Stratégie des journaux brésiliens pour se passer de Google

Personne ne critique la publicité qui est un des rouages de notre économie, mais la façon dont Google s'est tout attribué parce qu'ils sont sur le segment clé des moteurs de recherche, la façon dont ils ont tout cloisonné sur le web. Pour résumer, on a le choix entre Google et... Google. Ce n'est même plus un monopole, c'est une dictature. Google définit toutes les règles et tient une bonne partie de l'économie numérique par les couilles. Quitte à désavantager ses concurrents directs, orienter son moteur de recherche, scanner la vie privée des internautes (sans leur demander leur avis)...

Free ne sont pas des bienfaiteurs, personne n'en doute et en effet ils devraient laisser le choix d'Adblock à leurs utilisateurs. Ils ont fait un coup de pub pour pas un rond. Google encore moins, ils ont trop de pouvoir, sont neutres uniquement quand ça les arrange, touchent en plein cœur le secteur de la publicité (donc notre économie) sans aucune éthique ni devoirs. Le secteur de la publicité classique est soumis à de nombreuses contraintes et obligations morales qui échappent à Google.
Google fait de l'évasion fiscale. Désolé mais ce n'est pas un détail, c'est même extrêmement grave vu les milliards qui échappent à l'économie Européenne, de quoi financer des hôpitaux, payer des milliers de retraites, des milliers de profs... Le fait que d'autres entreprises crapuleuses fassent de même n'excuse rien.

Le moteur de recherche Google est efficace, tout comme leurs autres outils. Mais la concurrence n'a plus aucune chance, même avec la meilleure idée du monde. Au mieux, ils seront rachetés... par Google.

Ce qui se passe dans le domaine des smartphones est à surveiller de près. Pour le moment on a encore le choix. Mais si Android prend encore en puissance, c'est un nouveau secteur qui finira tout entier entre les mains de Google. Cette entreprise devrait être découpée, ça urge. Si on les laissaient faire, ils finirait par faire le pluie et le beau temps, sur l'économie numérique, la culture, la presse, la communication, la politique, etc. etc. C'est du jamais vu de toute l'histoire de l'humanité. Même Napoléon ou Hitler n'ont rêvé d'un tel pouvoir au niveau mondial. Avec une implantation dans chaque foyer, chaque entreprise...

Internet est un outil formidable, les moteurs de recherche sont des outils indispensables, la publicité est nécessaire à notre économie, il faut néanmoins des gardes fous. Le problème c'est que Google est un outil formidable, Google est indispensable, Google est nécessaire à notre économie, Google est sous la responsabilité de... Google.

Elbutcher

6 janvier 2013 à 17:29

Parfaitement en accord avec iMusic.

Je ne dit pas que Google doit reverser quoique ce soit aux FAI eux même, mais les Etats pourraient au moins obliger Google à payer une taxe qui serait réinvestie dans le déploiement du réseau (la fibre avancerait peut-être plus vite !)

Et enfin, oui, il devient urgent que les commissions anti-trust se penchent sur cette société afin de savoir si elle ne devrait pas être découpée.

Pour la presse, je tiens à rappeler que la loi sur le copyright "interdit toutes copies même partielle d'un document, article, image sans l'autorisation préalable de son propriétaire" et le fait de mettre un hyperlien vers le site de l'auteur cité ne rend pas cette démarche pour autant légale.

pehache

6 janvier 2013 à 18:24

Faut arrêter avec cette histoire des journaux ! Google ne reproduit aucun article intégralement, Google ne fait que référencer les articles. Au nom de quoi devraient-ils payer quoi que ce soit ??? C'est dingue ces raisonnements... Et surtout, je me répète, les journaux peuvent choisir de ne pas être référencés si ils ne souhaitent pas l'être. Alors quoi ?

La vérité c'est que si la presse est en difficulté c'est aussi parce qu'elle produit à 90% de la daube qui n'est en aucun cas un vrai travail journalistique, mais juste du blabla. Mais c'est tellement facile pour la presse de rendre le méchant Google responsable de tous les maux.

L'évasion fiscale est un vrai problème, mais Apple ou Amazon la pratiquent de la même manière. Et Apple ou Google ou Amazon ne font qu'exploiter les incohérences que les européens ont eux-mêmes mis en place, et qui permettent à des pays (l'Irlande) de pratiquer tranquillement et légalement un véritable dumping fiscal à l'intérieur de l'Europe. Et les fautifs c'est nous (collectivement), ce n'est ni Google ni Apple.

Vous voulez un abonnement fibre ? Payez-le à son juste prix, c'est à dire au moins 60€ comme n'importe où ailleurs dans le monde, et là les FAI pourront financer les investissements. Plutôt de vouloir faire payer Google avec l'argent de la pub que par ailleurs on critique.

iMusic

6 janvier 2013 à 19:28

"La vérité c'est que si la presse est en difficulté c'est aussi parce qu'elle produit à 90% de la daube qui n'est en aucun cas un vrai travail journalistique, mais juste du blabla. Mais c'est tellement facile pour la presse de rendre le méchant Google responsable de tous les maux." (pehache)

Là tu y vas un peut fort. Soit c'est de la mauvaise foi, soit c'est de l'amalgame, soit tu insultes l'intelligence de tes détracteurs, soit tu ne lis pas les bons journaux... Ou peut être un mélange de tout ça. Pourtant la quantité, le choix et la qualité sont bien là. Encore faut-il se donner la peine de les lire, sauf si ton niveau intellectuel est trop élevé.
De plus, c'est la "presse" de merde (les journaux people et assimilés) qui est en pleine forme, quand la presse nationale, la presse économique, spécialisée, et la PQR sont aux abois (ce sont ceux qui ont le plus de frais fixes, fournissent le plus de contenus, de qualité, payent des milliers de journalistes, consultants, reporters et rédacteurs), ce qui met ton jugement à l'emporte pièce par terre.

Quant à la liberté supposée de la presse vis-à-vis de Google, c'est un doux rêve. Seule une action collective comme au Brésil (voir le lien dans mon précédent message) peut libérer la presse française du joug Google. Sans liens Google et sans pillage des articles, les lecteurs iront directement sur les sites de leurs journaux, mais il faut une action groupée pour être efficace, obligatoirement. Actuellement, vu que les journaux sont plutôt divisés (tradition française), Google peut les saigner individuellement. Et ils ne s'en privent pas.

H.n

6 janvier 2013 à 21:03

@Music. Concernant la presse (on s'éloigne un peu du sujet initial mais bon) je suis plutôt d'accord avec pehache. Je pense qu'il ne faut pas pousser mémé dans les orties et que c'est google qui apporte plus à la presse que l'inverse. Et effectivement au moins 70 % de la presse est de la daube. Il suffit de voir lemonde.fr et de se rendre compte que le titre de la page c'est Depardieu qui reçoit son passeport (LE TITRE DE LA PAGE !!)
Alors oui il faut chercher mais dans de tel journaux on ne devrait pas chercher autant.
Cela n'a rien à voir avec les FAI qui apportent directement du blé à Google on développant le réseau et l'accès à internet et donc à Google. Pour la presse que Google référence quelques titres et bout d'article ne changent rien à leur revenus ou très peu. Ce n'est pas par la pub qu'ils se font de l'argent mais par les abonnements. Et c'est là que tu as raisons ils sont trop bêtes pour prendre des actions ensemble et régler le problème.

Maintenant la presse cherche à se gaver et trouver un coupable à la débacle de leur revenue due à la chute de la presse version "papier" et à leur incapacité à s'adapter à un nouveau mode de consommation. Ce sont des vieux bouseux cinquantenaire qui ne comprennent rien à internet ni aux nouveaux modes de consommation (et je mâche mes mots).

Comme à l'instar des maisons de disques ou de film, ils ne se remettent jamais en question et s'étonne que parfois la société change et qu'il faut se bouger les fesses pour s'adapter. Les maisons de disque sont d'ailleurs en train de mourir. La presse aussi si elle ne fait rien de plus concret, réaliste et intelligent.

iMusic

6 janvier 2013 à 23:26

C'est un piège habituel que de comparer la situation de la presse et le cas des majors musicales, en faisant des raccourcis au sécateur. J'appelle ça de la fainéantise intellectuelle, ou du terrorisme intellectuel, ça se rejoint. La mutation vers le numérique est le seul point commun de ces deux secteurs. Ensuite, les problématiques divergent.

Si les majors se sont gavées sur les supports physiques CD, elles le font encore plus avec le numérique. 9,99€ pour des enregistrements des années 50 ou pour des cons qui font des reprises nazes de Goldman enregistrées en 2 jours, c'est de la pure arnaque, surtout quant les vrais auteurs sont morts depuis longtemps (plus de la moitié des titre sur iTunes Store). Ça sert uniquement à engraisser des parasites qui vivent sur la bête (les ayants droit), et à faire fuir la clientèle vers les sites illégaux. On ne saurait les blâmer.

On ne peut comparer cela à la presse qui peut, pour un seul titre, faire travailler des centaines de personnes (pas que des "vieux bouseux cinquantenaires") et a des coûts fixes colossaux. Que la publication se fasse sur papier ou en numérique. De plus, un journal c'est périmé en 2 jours, un peut plus pour les magazines. Impossible donc de capitaliser sur la durée comme dans l'industrie musicale qui vent souvent du vent amorti depuis des lustres ou avec des marges stratosphériques, les investissements dans la presse sont constants, lourds et très chers (les journalistes, les reporters, les rédacteurs, les photographes, les maquettistes...).

Chacun est libre de trouver tel titre meilleur qu'un autre, c'est la démocratie. Moi je trouve l'actu sur la nationalité russe de Depardieu comme un symbole fort de notre époque, une actualité de premier ordre; chacun est libre de penser le contraire et de choisir un journal qui se rapproche de ses opinions. Je trouve le niveau moyen de la presse française plutôt élevé (on évitera de citer VSD, Paris Match, Le Parisien ou Gala bien évidemment, il en faut pour tous).
Mais bonne ou mauvaise, toute la presse touche à la liberté d'expression, à l'information, à la démocratie. C'est un média très fragile, qui même quand les ventes sont bonnes peut rapidement s'effondrer si on touche à ses sources de revenus (en général un équilibre délicat entre publicité et abonnements).

Donner une partie de ces revenus à Google, c'est condamner une bonne partie de la presse. Et ceux qui plongeront les premiers ne sont pas les feuilles de choux, mais la presse de qualité qui a mis des années à acquérir un lectorat, avec des finances souvent sur la corde raide (les bons journaux sont rarement très rentables, la presse, la vraie, n'est pas une industrie, pas encore). Si Google leur siphonne ne serait-ce qu'une partie de leurs revenus (moins d'abonnements, moins d'annonceurs, moins chers), ils les condamnent à terme. Et il n'y aura rien pour remplacer, juste des liens Google qui pilleront des titres de moins en moins nombreux, de moins en moins qualitatifs, de plus en plus semblables. Que ce soit la presse des cinquantenaires ou des ados, il ne restera que des merdes avec des articles écrits dans le métro ou des copies de dépêches AFP sur des photos libre de droit. Google pourra y mettre des liens à l'intérieur même des articles, pour vendre des lunettes ou des iPad. Là oui, on aura vraiment une presse de merde. Et on regrettera même Le Parisien.

Bon, on est un peut hors sujet, mais pas tant que ça.

H.n

7 janvier 2013 à 08:50

Je ne trouve pas que c'est forcément un piège de comparer les maisons de disques et la presse. Leur problème vient de la même révolution numérique avec la disparition d'un support (disque pour l'un papier pour l'autre). Des nouveaux "pseudo" concurrent, Apple pour l'un, Google pour l'autre. Après oui les solutions vont différer car ce n'est pas le même marché. Mais le chemin est semblable.

Si tu trouves que ça c'est de la fainéantise intellectuelle, je me pose la question vis à vis du titre depuis une semaine de Depardieu dans tous les journaux. Si ça ce n'est pas de la facilité et de la fainéantise intellectuelle. Alain Delon, Yannick Noah, Gasquet etc.... y sont depuis bien longtemps en Suisse donc oui c'est de la presse facile. Tu me diras c'est ce que les gens veulent donc ça marche, mais personne ne paierait un abonnement pour ça.

Attention quand je parle de "bouseux cinquantenaires" je ne parle en aucun cas des journalistes ou des gens travaillant pour la presse. Je parle des décideurs. Ceux qui non seulement ne produisent aucun contenu, gagnent une fortune, ne prennent aucuns risque si ils échouent, mais surtout font courir leur entreprise à leur perte. Ils croient qu'avoir une application Ipad ou Iphone suffit à comprendre le nouveau marché et qu'ils sont devenus super moderne. Ces mecs n'ont rien compris. Je ne prétend pas avoir la solution à leur problème, mais eux n'essayent même pas de résoudre le leur. Ils accusent un "tier" et ne se remettent jamais en question.

Concernant à la musique 100 % d'accord 9.99 euros c'est du vol. Mais encore ce point rejoins mon avis. Regarde les livres numériques : aussi cher que des livres physiques. C'est une absurdité totale. Et il faut voir les abonnements à la presse. C'est assez cher et le consommateur ne voit pas la valeur ajoutée à payer un abonnement c'est bien là que le problème se trouve. Le soit disant Google Problème vient loin derrière et encore, juste si il existe.

Pour revenir à la pub. Je trouve que malheureusement Free est très maladroit dans sa démarche et que les gens n'ont pas tous compris pourquoi il faisait cela. D'ailleurs utiliser l'argument "Youtube utilise beaucoup de bande passante" est vraiment idiot. Ils auraient du avec les autres acteurs (Orange, Bouygues, SFR) s'allier avec le gouvernement et régler le double problème de :
1) La rémunération des FAI
2) Mettre un terme à l'optimisation fiscale de Google.




iMusic

7 janvier 2013 à 11:20

Si le support CD est amené à disparaitre (il en restera un peut comme les vinyls), la presse papier ne fera qu'une transition partielle vers le numérique. Il y aura encore de la presse papier quand l'iPad sera d'une autre époque. Si on ne fait pas de différence à l'écoute entre un CD et un fichier numérique correct, il n'en est pas de même avec la presse ou certains livres (BD...). Le confort sur tablette reste en net retrait à ce jour. On a d'un côté les liseuses à encre numérique en noir (les versions couleurs sont ternes), les tablettes couleurs mais avec un affichage LCD incompatible avec les longues lectures, les supports souples font seulement leur apparition, dans des formats réduits (Samsung), du coup les diagonales restent réduites et non pliables...

Bref, il faudra encore quelques années avant que le numérique puisse réellement supplanter la presse papier avec les outils adéquats, comme ce qui s'est passé avec la musique et la vidéo. Si quelques rares journaux sont passés au tout numérique, c'est plus un aveux d'échec qu'autre chose, souvent avec des ventes très en retrait et pour ne pas définitivement déposer le bilan.

Je te rejoins bien évidemment sur les tarifs des livres numériques qui sont souvent du vol au même titre que les "albums MP3" vendus 100 fois ce qu'ils coûtent réellement pour une bonne partie d'entre eux (les nouveautés doivent être amorties).

Concernant l'âge supposé des "décideurs" je ne pense pas qu'il influe sur les décisions. Je connais des soixantenaires bien plus à la page que des gens de 17 ans. Il y a tout un système qui doit s'adapter, dans la presse les syndicats sont très puissants, et cela relève plus de décisions collectives que de la décision de quelques PDG comme dans les majors du disque. Le problème, c'est que les journaux sont plus occupés à tirer la couverture à soit (et dans les pattes du voisin), qu'à se mettre d'accord entre eux pour dire "FUCK" à Google. Le jour ou on verra les mecs du Figaro, du Monde Diplomatique, de Libération et de Télé 7 jours parler d'une seule voix, l'eau sera passée sous les ponts. Il faudra probablement quelques faillites avant que cela arrive. D'ici-là Google sera encore plus fort.

Pour revenir à Free, je pense que leur blocage de la pub a été bien réfléchi. C'est un formidable coup de pub gratuit (tout les médias ont parlé d'eux), alors qu'ils ne parviennent plus à grappiller assez de clients chez la concurrence. Free fait peur aussi avec un SAV en dessous de tout et une réputation sulfureuse, peut être à juste titre.

pehache

7 janvier 2013 à 12:08

@iMusic : quels journaux font un véritable travail d'investigations, quels journaux font des enquêtes documentées, avec des dossiers suivis ? Ca n'existe quasiment plus, même dans les soit-disants "grands journaux". Ils produisent tous plus ou moins le même filet d'eau tiède sans saveur, et on peut passer de l'un à l'autre sans s'en rendre compte ou presque. De toutes façons, en prétendant vouloir récupérer une partie du pactole publicitaire de Google, les journaux avouent ne pouvoir vivre que grâce à la pub. Or un journal digne de ce nom doit vivre avant tout des contributions de ses lecteurs. Et si, c'est possible. Charlie Hebdo ou le Canard Enchaîné n'ont pas de pub, et Mediapart a réussi à créer un site de vrai journalisme avec pour principale ressource les abonnements.

A part ça, as-tu ouvert un numéro du Monde Magazine ? 50% du contenu sont des pubs (et je n'exagère pas), et parmi le contenu éditorial pas loin de la moitié sont des article de conso à peine déguisés. Une véritable honte.

Et arrête de cette rhétorique du "pillage" des articles par Google. Google ne recopie pas les articles, pour les lire il faut aller sur les sites des journaux ! Sur Google il n'y a que le titre et 2-3 lignes.

Google me rend service en me permettant de trouver des articles pertinents par rapport à ce que je cherche. Souvent même, même en cherchant un article pour un journal donné, c'est plus efficace de passer par google que par le site du journal ! Ben oui un bon algo de recherche ça ne s'invente pas (note que n'importe site peut acheter le logiciel de Google et l'utiliser en local). Et il y a des journaux sur lesquels je ne serais jamais allé spontanément si Google ne m'avait pas orienté vers eux !

Et sur la pub intrusive : comment se fait-il que quand je vais sur un site me documenter sur des chaînes hifi (par exemple), après ça j'ai plein de bandeaux de pubs qui me proposent des chaînes hifi, et ce sur plein de sites différents ? Et j'ai regardé, les régies de pub qui sont derrière n'ont rien à voir avec le méchant Google.

iMusic

7 janvier 2013 à 12:17

Si Le Monde ne te plait pas, achète un autre journal.

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