DMA : Setapp, un premier App Store alternatif chez MacPaw


La nouvelle législation européenne entrant en vigueur la semaine prochaine, la fameuse DMA, impose à Apple d'ouvrir l'iPhone aux App Stores tiers. Apple a mis en place toutes les briques logicielles nécessaires à cette évolution dès janvier avec le lancement de la version bêta d'iOS 17.4, puis a ouvert l'enregistrement des boutiques tierces le mois dernier. La toute première s'est fait connaître cette semaine : il s'agit de l'éditeur ukrainien MacPaw, qui lancera sa boutique Setapp en version bêta au sein de l'Union européenne dans le courant du mois d'avril.


SetApp PacPaw

Sepapp, qui existe déjà sur Mac, compte se distinguer de l'App Store d'iOS par un modèle économique différent, basé non pas sur l'achat d'applications individuelles mais sur un abonnement mensuel permettant d'accéder sans restrictions à un catalogue d'applications, sans publicité ou achats intégrés. MacPaw précise que le catalogue comprendra des applications de productivité, de création graphique, des utilitaires et des outils professionnels, incluant certains de ses propres logiciels comme ClearVPN. L'éditeur lance un appel aux candidatures de développeurs iOS qui souhaiteraient faire partie de l'aventure. Sur le Mac, Setapp coûte 9,99 dollars par mois et permet d'accéder à 240 applications.
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Vos réactions (8)

Gaius

1er mars 2024 à 11:02

Et le bordel commence. Le calvere des exclusités sur les plateforme de VOD va bientot arriver sur les app store, avec abonnement et que sais-je...

Mzr

1er mars 2024 à 11:37

L’Ukraine ne fait pas partie de l’UE… mais les éditeurs locaux peuvent lancer un App Store alternative selon la législation DMA???

Du coup, ccela voudrait dire que ce sont les citoyens de l’UE qui ont droit aux App Store alternatives, même si ce dernier est proposé par une société qui ne se trouve pas en dans l’UE… 🤔

J’avoue ne pas avoir suivi tous les détails de la DMA mais cette subtilité m’avait échappée…

 Joe

1er mars 2024 à 12:46

Et l’appli du store alternatif se telecharge sur le store d’Apple ?

Je crois assez peu l’adoption hors power user.

Sethenès

1er mars 2024 à 14:01

@Mzr : je tente une explication, mais je ne dis pas que j'adhère à tout ce que je vais expliquer.

Le principe au niveau mondial est celui du "libre"-échange. Donc en gros, je peux vendre chez toi et tu peux vendre chez moi. Est-ce totalement "libre", non puisqu'il y a les taxes de douane. Là aussi, le principe, c'est la réciprocité. Je taxe tes ordinateurs, tu taxes mes vins et mes fromages. Dans certaines zones comme l'UE, ces taxe de douanes sont réduites au minimum (j'y reviendrai).

Pour assurer que ce "libre"-échange ne soit pas "trop" manipulé, il y a des gardes-fous. Par exemple, les aides d'états sont encadrées. L'UE va évidemment plus loin tout en laissant aux états le soin de fixer le taux d'impôts - mais - en obligeant que ce taux soit appliqué à toutes les entreprises. C'est d'ailleurs pour cela que l'Irlande a été épinglée car elle offrait des avantages trop important à certaines entreprises (comme Apple).

Mais des aides d'états plus ou moins déguisés, c'est monnaie courante. Il y a d'ailleurs une actualité avec Arcelor-Mittal qui veut implanter un nouveau four le long de la Manche et trois pays se battent (dont la France et la Belgique) pour l'accueillir. C'est attendu. Mais, il y a des limites.

On le voit, le régulateur peut imposer des règlements - mais - ils doivent s'appliquer à tous, être justifiés, etc. Sans cela, les autres pays peuvent soit utiliser la retorsion (ah tu taxes mes fromages, je taxe tes ordinateurs) ou porter l'affaire devant les instance. Au niveau mondial, ce n'est pas vers la justice classique qu'on se tourne (puisqu'elle dépend toujours d'un état) mais vers de l'arbitrage. Arbitrage dont le contour est prévu dès la signature des accords.

Quand je parle d'exception, je pense aux matières qui touchent la défense, la santé qui sont exclus de ces mécanismes de "libre"-échange. Mais pour le reste, le régulateur est limité et doit proposer des mesures qui s'appliquent à tous. Alors pourquoi ce DMA et ce DSA ? Tout simplement car l'UE estime qu'au delà d'une pénétration, ces services sont critiques tant pour le business que pour la vie des citoyens.

Et c'est de là que viennent les critères objectifs : un service mensuellement utilisé par 10% des européens. Ca, c'est objectif. Nos partenaires commerciaux ne peuvent pas dire : vous avez choisi 11,42% parce que telle société est à 11,40%.

Mais une fois ces règles fixées ... on en revient au "libre"-échange. Et donc oui, une société ukrainienne peut vendre dans l'UE, comme nous pouvons vendre en Ukraine.

Mzr

1er mars 2024 à 15:12

Merci @Sethenès pour cette longue explication.
Je travaille dans l’import/export et tout ce que tu as écris me parle.
Je ne remet pas en question qu’on peut faire du commerce avec n’importe quel pays (presque), mais ma surprise vient du fait que la régulation DMA ouvre la porte aux citoyens EU à des sociétés qui ne sont pas forcément régulées par l’EU.
Du temps de l’App Store unique, s’était le cas aussi, les éditeurs d’apps n’étaient pas non plus régulés par l’UE, s’était juste Apple qui était “régulé” (par l’UE, les US, etc…) et Apple était aussi “régulateur” (par rapport au cahier des charges à respecter pour publier une App). Ce que j’essaye de dire est que l’on se retrouve maintenant dans cette zone grise où des sociétés étrangères (non EU) ne sont ni régulées par Apple ni par l’EU en ce concerne la publication d’Apps…
Au delà des questions de confidentialité des données qui circulent, etc… vers qui le citoyen EU peut se retourner juridiquement/légalement en cas de pépins???
Un exemple concret: une appli de Deepfake qui met ma réputation en question avec de fausses images/vidéo, vers qui dois-je me retourner pour que l’App ne soit plus disponible?
Je me serai attendu que l’EU/DMA ai considéré ceci…

skylex

1er mars 2024 à 16:40

Même si la société mère MacPaw est Ukrainienne, sur la page de SetApp, le copyright en bas de page mentionne une société enregistrée en Irlande, donc en UE

Sethenès

3 mars 2024 à 10:48

@Mzr : tu pars d'une logique inversée.

La logique de base, c'est celle du client qui a le choix entre deux options : soit il achète à l'étranger et prend un risque qui est celui de devoir payer des droits de douanes, que le produit ne soit pas conforme, etc. Soit au contraire, il fait appel à un importateur qui prend ces risques pour lui et qui est rémunéré de ce risque par la marge qu'il prend.

Ici, effectivement, de manière totalement nouvelle, une régulation est faite par un tiers (Apple). Mais c'est une exception. Or justement, la DMA impose aux 22 acteurs majeurs d'ouvrir un bureau sur le sol européen et d'avoir des responsables qu'on peut trainer en justice. Mais cette société ukrainienne est trop petite pour que cela soit exigée d'elle.

Sethenès

3 mars 2024 à 10:55

Je complète encore par ce jugement en première instance en Belgique. Il doit y avoir 4 ou 5 ans, une plaignante qui reprochait à Google de ne pas avoir accédé à sa demande d'oubli, s'est retournée contre Google Belgique.

Google Belgique, c'est une entité juridique distincte de celle aux U.S.A qui est propriétaire du moteur de recherche, même si bien sûr, il y a un lien entre les deux. Il s'agit d'une petite structure qui n'est probablement chargé que d'agir en tant que régie publicitaire.

En toute logique, le juge aurait du conclure à la nullité des poursuites puisque s'agissant d'entité juridique distinctes mais il a donné droit à la plaignante et condamné Google Belgique à payer (de mémoire) 10000 euros de dommages.

Alors j'ai essayé de savoir ce qu'il était advenu de ce cas, Google a-t-il appel, ont-ils payé ? Je ne sais pas. Mais une chose est sûre, ce jugement mettait la Belgique en difficulté. Puisqu'il constituait un début de jurisprudence et que n'importe quel géant pouvait se voir attaqué au travers de n'importe laquelle de ses filiales.

Là au moins, pour ces 22 acteurs, on aura prise directe sur eux.

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