Apple refuse les portes dérobées sur l'iPhone


Ce qui n'était jusqu'ici qu'un débat est désormais une polémique. Les positions très tranchées d'Apple sur la question de la sécurité et de la confidentialité des données de ses utilisateurs vont à l'encontre des intérêts de certaines agences gouvernementales, et pour la première fois, la justice américaine a ordonné à Apple de contourner les mesures de sécurité de son téléphone pour accéder aux données de l'iPhone d'un terroriste (un des tireurs de la fusillade de San Bernardino). Apple a refusé, et Tim Cook a expliqué les raisons de cette décision dans une lettre ouverte publiée aujourd'hui sur Apple.com. Dans cette lettre, le PDG d'Apple explique avoir travaillé du mieux possible avec le FBI pour faire avancer l'enquête, mais il ajoute que créer une porte dérobée sur l'iPhone représenterait un risque sans précédent pour tous les utilisateurs.




Il est extrêmement rare qu'Apple communique par le biais de lettres ouvertes et cela montre l'importance de cette affaire. Pour le FBI, il ne s'agit que de débloquer un téléphone (et cela sous le contrôle d'Apple) en contournant d'une manière ou d'une autre la limitation à dix essais du code confidentiel (avant destruction irrémédiable des données). Pour Tim Cook, il s'agit de développer un logiciel qui pourrait potentiellement permettre l'accès à n'importe quel iPhone, et dont l'existence même est trop dangereuse pour justifier sa création. Au-delà du débat de société, c'est son image qu'Apple est en train de jouer : la sécurité et la confidentialité de ses appareils sont devenus de véritables arguments marketing et Tim Cook n'est certainement pas prêt à faire des concessions sur le sujet.
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Vos réactions (17)

il450

17 février 2016 à 12:36

Je n'arrive pas à croire qu'un téléphone soit inviolable . Pour dire le fond de ma pensée, aucun système n'est parfaitement sécurisé. Donc, le fbi ferait mieux de demander à des services plus compétents (CIA ou NSA) au lieu de perdre leur temps avec une injonction à Apple.

matt

17 février 2016 à 12:44

@il450 oui mais je suis pas un expèrt mais je pense que le FBI dois agir de manière ultra légale, ce qui lui pousse à devoir contourner un faille de sécurité à l'aide d'Apple, et Apple seulement, ce que Tim Cook semble refuser, pour l'instant, ce qui est une bonne chose je trouve !

VanZoo

17 février 2016 à 14:08

Peut-on envisager que ce n'est qu'un gros coup de com de la part d'Apple avec l'appui de ses puissants lobbys ?

Ben10

17 février 2016 à 15:34

@vanzoo : je me pose la même question.
Les photos volées et la sortie du jailbreak peu de temps aprés chaque version d'iOS montrent qu'iOS n'est pas sans failles. Le FBI pourrait d'ailleurs s'il avait besoin d'infos à propos d'une seule personnes se tourner aussi vers l'opérateur, ou d'autres services de RG. Demander l'autorisation à Apple de cracker un iPhone juste pour une fois me parait une formule de politesse bien poussive...Selon moi on peut se demander si la porte dérobée n'existe tout bonnement pas déjà et que cette mise en scene vise à rassurer le clients, voire en attirer d'avantage qui pourrait se dire au mois chez Apple, on est en sécurité.
On peut aussi supposer qu'Apple qui bénéficie via les compte iTunes, iCloud et les iMessages entre autre d'une quantité de "méta"données qui lui confèrent une puissance qui peut inquiéter le gouvernement. Dans ce cas, au lieu d'un grand complot Apple / FBI / NSA / amicale des pongistes du Texas / Armée etc, on aurait une grande négociation entre deux grandes puissances politco economiques dont on peut imaginer l'ampleur des enjeux.

aexm

17 février 2016 à 15:54

Apple pourrait tout aussi bien nous faire croire de sa bonne foie … et laisser des backdoor …

Il n'y a qu'avec le temps que nous saurons la vérité …

Je suis surpris également que ce type de conversation/échange/demande devienne public.
Peut être pour avoir le soutien de la population et faire descendre la pression mise par les agences gouvernementales …

Sébastien

Michel Bellemare

17 février 2016 à 15:55

Je pense que l'approche légale est ici une garantie contre les abus, et que Apple devrait collaborer.

Au delà des beaux principes, je demande aux cousins français de me répondre, si craquer le iPhone d'un terroriste permet de déjouer le massacre du «Bataclan»; leur position demeure-t-elle inchangée?

Baraka

17 février 2016 à 16:07

@ Il450 & matt

Vous oubliez un point essentiel : un élément de preuve obtenu frauduleusement (c'est à dire, de façon illégale et/ou par un organisme non habilité) ne pourrait justement être utilisé comme élément de preuve lors d'un procès. Autrement dit, tant qu'un quelconque organisme n'a pas le droit de briser la sécurité d'un appareil (et dans un Etat de droit, un tel organisme ne devrait pas exister), on en est au point mort.

@ VanZoo

Franchement, ce serait très gros, d'autant plus qu'Apple n'est pas la seule entreprise à batailler contre les intrusions intempestives des gros nez de législateurs dans les affaires individuelles. Non, je pense qu'il y a réellement une volonté de ne pas se plier à cette injonction. En revanche, la raison de de cette volonté n'est pas forcément très noble : l'existence d'un tel dispositif serait connue et catastrophique pour les ventes. Pire, le dispositif serait susceptible de fuiter tôt ou tard.

@ Michel Bellemare

Tu demanderas au habitants de pays où tout est (ou était) surveillé si la sécurité y est mieux assurée (cf. l'Europe communiste, et j'en passe). Avant de mettre la planète à nu, si les décideurs voulaient réellement garantir la sécurité au lieu de bien se faire voir par un électorat flippé, ils feraient en sorte que les différents services de renseignement à l'échelle nationale ET internationale communiquent et puisse analyser les données collectées. Ah mais oui, j'oubliais : il n'est pas de bon ton que de vouloir approfondir l'intégration européenne de quoi que ce soit, ces jours ci...

Michel Bellemare

17 février 2016 à 16:29

@ Baraka: Justement, dans l'Europe communiste on se foutait des droits civiques, et Apple aurait été obligé de se plier au pouvoir politique.

Les objections des «défenseurs de la vie privée et de la liberté», ne peuvent opérer que dans les sociétés où elles existent; alors que c'est dans les dictatures qu'elles seraient utiles (en Corée du Nord avant l'Europe).

Ce genre d'action fait le jeu des terroristes, qui utilisent notre amour de la liberté et de la vie privée… pour nous vaincre et les faire disparaître.

il450

17 février 2016 à 17:06

@baraka Oui tu as raison bien vu le juriste

Par contre, sous les dictatures il est bien connu que la sécurité y est mieux assuré normal puisqu'on contrôle tout.

@bellemare Mais cela au dépend de la liberté, et je préfère vivre dans un pays entre guillemets libre( un peu niais cette phrase ) plutôt que dans une dictature . En plus l'argument anti bataclan est scandaleux, utiliser l'émotion de la mort pour tenter de persuader n'est pas très loyal !

Baraka

17 février 2016 à 17:32

@ il450

Je serais très curieux de voir une étude fiable sur la sécurité dans les États dictatoriaux. Pour en savoir quelque chose, il n'étais pas plus sûr de vivre dans l'Europe communiste que dans l'Europe actuelle.

@ Michel Bellemare

Et donc quoi ? Sous prétexte qu'on le peut, on doit instaurer des dispositifs de surveillance et autres lois liberticides ? La frontière d'avec les dictatures sera alors où ?
Faire le jeu des terroristes, c'est justement se plier à la peur qu'ils s'efforcent de faire régner.

DKSnake

17 février 2016 à 18:10

Dans ce type d'affaire je pense que le FBI ou n'importe qu'elle administration ne doit pas pouvoir agir seule sans l'accord d'un juge. Le problème ici c'est que si Apple cède ça va créer un précédent et d'autres questions risques de venir rapidement comme la question de la responsabilité et de la sécurité des données. Si Apple peut accéder aux données alors elle a une responsabilité même si elle n'est pas propriétaire de ces données. On peut lui reprocher de ne pas avoir prévenue les autorités pour déjouer un attentat par exemple...
Il est évidant qu'Apple profite de cette affaire pour avoir l'opinion publique de son côté, n'oublions pas qu'elle est en train de déployer Apple Pay.

MPRChoupiKawaii

17 février 2016 à 18:12

@Ben10 @il450

Effectivement, il y a des failles dans iOS (comme dans chaque système d'exploitation, rien n'est (et ne sera) parfaitement sécurisé), ce qui permet le jailbreak ; seulement, l'encryption utilisée, elle, n'a pas de faille...
Pour accéder aux données d'un iPhone de façon à ce qu'elles soient lisibles, il faut d'abord que l'appareil soit déverrouillé ; cependant, et c'est justement le problème ici, l'iPhone refuse l'accès au système, tout simplement car il ne peut pas se déverrouiller sans le code d'accès, qui a permis de générer la clé de chiffrement des données (toutes les données contenues sur un appareil iOS sont encryptées depuis iOS 7 ou 8 si mes souvenirs sont bons).
Etant donné que, comme pour toutes les encryption, il est possible d'utiliser le brute forcing (aucune idée du terme correct français), cela ne devrait pas poser trop de problèmes aux gens du FBI (limite n'importe qui pourrait le faire avec n'importe quel ordinateur un minimum récent, il faut juste du temps) ; seulement, les appareils iOS sont programmés (si l'option est activée) pour qu'au bout de 10 tentatives infructueuses de déverrouillage du téléphone (et ce, de n'importe quelle manière), les données soient effacées.
Et c'est pour ça que le FBI / CIA / hackers / autres, et ce même en exploitant des failles dans iOS, ne peuvent rien faire ; afin d'accéder au kernel et de prendre le contrôle sur le téléphone et ses données, ils faut que lesdites données soient décryptées (ou, du moins, il faut posséder la clé), ce qui est possible avec du brute forcing, mais dans ce cas spécifique cela entrainerait la destruction des données.

il450

18 février 2016 à 10:12

@MPR Dans ce cas là, s'ils ne peuvent rien faire , comment expliques tu que Apple pourrait leur fournir une clé d'accès au téléphone? ça montre bien que c'est possible .

vincentv

18 février 2016 à 10:16

Suite aux événements de janvier dernier, une première loi "antiterroriste" a été votée. Grosso modo, celle-ci a rendu légal des pratiques qui était antérieurement dans un flou législatif. Et cela n'a pas permis d'éviter les attentats de novembre. Si le simple fait de refuser au droit à la vie privée permettait de garantir la sécurité, la question pourrait se poser. Or ca n'est pas le cas.
Par ailleurs, envisager cela implique une présomption de stabilité au niveau de l'état. Or, cela n'est pas garanti et tout le monde est (à juste titre) un dissident en puissance.
Et j'encourage tous ceux qui pensent que la vie privée n'est pas si importante de m'envoyer leur adresse mail et mdp. Je promets que je n'en ferai aucun mauvais usage

il450

18 février 2016 à 10:43

@vincentv totalement d'accord !

Sethenès

18 février 2016 à 17:23

J'ai lu vos commentaires, et c'est vrai que j'ai du mal à me faire une religion.

Par contre, une chose est sûre. Si backdoor il y a, les gouvernements totalitaires influents exigeront l'accès (Chine, Russie, ...).

MPRChoupiKawaii

18 février 2016 à 18:02

@il450

Apple ne pourrait pas leur fournir une clé d'accès au téléphone ; ce que le FBI veut que les gens d'Apple fassent est qu'ils créent une version d'iOS avec une backdoor, qu'ils la signent avec leurs propres clés, puis qu'ils la flash sur l'iPhone. C'est la seule manière de pouvoir accès aux données décryptées.

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